- La vaccination avant l’exposition au papillomavirus permet de prévenir une très grande majorité de cancers (col de l’utérus, anus, gorge).
- Malgré des progrès récents, la couverture vaccinale contre le HPV en France reste bien inférieure à celle des pays comme l'Espagne, le Portugal et le Royaume-Uni, qui dépassent les 70-80 % de vaccination.
- Michel Lauzzana, député ayant présenté un rapport d'évaluation parlementaire, souhaite impliquer davantage les collèges privés et relancer une campagne de communication nationale pour parvenir à l'objectif de 80 % de couverture vaccinale fixé pour 2030.
Étant donné que les papillomavirus humains (HPV) sont responsables chaque année de près de 6.400 nouveaux cas de cancer, principalement du col de l’utérus et 35.000 lésions précancéreuse, la vaccination est recommandée, pour la troisième année consécutive, pour les jeunes de 11 à 14 ans révolus, avec un rattrapage vaccinal pour les deux sexes, entre 15 et 19 ans révolus. "Les séances de vaccination assurées par les équipes médicales de centres de vaccination publics se dérouleront, selon les régions entre janvier et juin 2026. (…) L’accord écrit des deux parents est obligatoire : le jour de la séance de vaccination, les enfants autorisés à être vaccinés devront être munis de leur carnet de santé", indique le ministère de l’Éducation.
Papillomavirus : la France reste en retard en termes de couverture vaccinale
Les autorités sanitaires se sont fixés un objectif : atteindre 80 % de couverture vaccinale contre les papillomavirus à l'horizon 2030. Cependant, selon un rapport d'évaluation parlementaire consulté par France Inter, la France est actuellement loin de son but. Plus précisément, le député Michel Lauzzana, qui a présenté le rapport et qui est également président du groupe d'études Cancer à l'Assemblée nationale, a signalé, ce 20 mai, que l’Hexagone est en dernière position en Europe. En effet, seulement une fille sur deux de plus de 12 ans a un schéma complet de vaccination à deux doses. Du côté des garçons, le taux est de 32 %. Dans les autres pays européens, comme l'Espagne, le Portugal et le Royaume-Uni, la couverture vaccinale dépasse les 75-80 %. "La vaccination du collège pourrait être meilleure, mais elle s'améliore d'année en année. Surtout, elle a déclenché beaucoup de vaccinations qui se font dans le milieu de la ville parce que les gens ont confiance en leur médecin", a déclaré le député.
Vaccination contre le HPV : impliquer davantage les collèges privés
Afin d’atteindre l'objectif de 80 % de couverture vaccinale en 2030, il a formulé 14 recommandations pour "lever les freins persistants et amplifier la dynamique engagée." La plus importante : impliquer davantage les collèges privés "qui ont pris des libertés avec ces campagnes de vaccination depuis trois ans. (…) Par exemple, on ne peut pas contraindre sur le plan sanitaire les établissements privés parce qu'ils sont sous contrat et que ça n'est pas dans leur contrat. Nous sommes arrivés à un point où on dit que maintenant, les protocoles sont au point dans les établissements et donc il va y avoir une démarche volontariste de la part de l'Éducation nationale en direction de l'enseignement privé." Autre préconisation : relancer une campagne nationale de prévention pour inciter les parents à vacciner leurs adolescents. Si la couverture vaccinale stagne autour des 60 %, Michel Lauzzana envisage de rendre la vaccination obligatoire.



