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Votre enfant est un casse-cou : c’est une bonne chose !

Des chercheurs démontrent que les jeux risqués sont essentiels au développement des enfants.

Votre enfant est un casse-cou : c’est une bonne chose ! SerrNovik/istock




L'ESSENTIEL
  • Les enfants qui prennent plus de risques sur le terrain de jeu, prennent des décisions plus sûres lorsqu'ils sont dans la circulation.
  • Ces petits risques leur font découvrir leurs limites et leur apprennent comment se protéger.
  • Il faut ainsi laisser aux enfants du temps, de l'espace et de la liberté lorsqu'ils jouent, selon les chercheurs.

Votre enfant est un vrai casse-cou : il escalade les arbres, grimpe sur les toboggans à l’envers, part explorer les environs seuls… Alors certes, sa nature téméraire fait bondir votre rythme cardiaque, mais c’est loin d’être une mauvaise chose si on en croit une étude de l’université de Colombie-Britannique et du Queen Maud University College.

Les chercheurs canadiens et norvégiens ont, en effet, découvert que les enfants qui prennent des risques lors de leurs jeux développent de meilleures stratégies de décision quand ils sont dans la circulation. L'étude a été publiée en ligne le 2 mai 2026 dans le Journal of Environmental Psychology.

Les enfants casse-cous prennent des décisions plus vite

Lors de cet essai, les chercheurs ont réuni 424 enfants âgés de 7 à 11 ans vivant en Norvège et au Canada. Ils leur demandaient de réaliser deux tâches de réalité virtuelle (VR). Lors de la première, les jeunes volontaires équipés d’un casque VR devaient marcher sur une structure virtuelle composée de poutres ayant des hauteurs différentes. Dans l'autre, ils devaient décider quand il était sûr de traverser une rue avec un trafic venant en sens inverse. Leurs décisions, les risques pris et leurs performances étaient évalués par les scientifiques.

Leurs découvertes vont à l’encontre des croissances populaires. Ils ont remarqué que les enfants qui étaient plus audacieux sur le terrain de jeu virtuel (déplacements plus rapides, plus de temps passé sur les sections hautes…) prenaient aussi des décisions plus rapides et plus efficaces pour traverser la rue. "Ils n'ont pas fait de choix plus dangereux, ils étaient juste plus rapides à lire la situation et à agir en conséquence", ajoutent les auteurs dans leur communiqué.

Il ne faut pas éliminer les petits risques des terrains de jeu

Face à cette découverte, les chercheurs estiment que la prise de risque lors des jeux est un point essentiel du développement des enfants. "Assurer la sécurité des enfants signifie les laisser prendre des risques", explique la Dr. Mariana Brussoni de l’université de Colombie-Britannique. "Le jeu risqué est un moyen fondamental pour les enfants d'apprendre sur le monde, sur eux-mêmes et sur la façon de se protéger dans diverses situations."

La scientifique et ses collègues remarquent que depuis des années, aussi bien les parents, les écoles que les autorités ont tendance à vouloir protéger les plus jeunes en réduisant au maximum les jeux et situations jugées risqués.

"Or, si les enfants n'ont jamais l'occasion d'évaluer et de faire face à de petits dangers gérables, ils risquent de ne pas développer le discernement nécessaire face aux dangers plus importants. Ces résultats suggèrent que les aires de jeux que nous concevons – et les libertés que nous accordons ou refusons – peuvent influencer durablement la capacité des enfants à évoluer dans un monde complexe, bien après qu'ils aient quitté les balançoires", préviennent les experts.

Détail amusant de cette étude : les petits Norvégiens se révélaient plus téméraires que leurs pairs canadiens. Pour l’équipe, cette différence vient de l’éducation. "La Norvège a des activités de plein air et l'indépendance des enfants intégrées dans sa politique nationale d'éducation, et les parents et les enseignants norvégiens ont tendance à être beaucoup plus à l'aise avec les risques physiques que ceux de nombreux autres pays", souligne-t-elle.

Comment laisser son enfant prendre des risques… sans trop de danger ?

La Dr Brussoni offre plusieurs conseils pour que les jeux risqués des enfants ne finissent pas en drame. Les parents doivent veiller à accorder chaque jour un véritable moment de liberté. Il est préférable de trouver des lieux de jeu stimulants où d'autres enfants sont présents, "et non se contenter des équipements standardisés et ennuyeux dont beaucoup d'enfants se lassent rapidement".

Une fois sur place, il faut leur laisser suffisamment de temps pour jouer pleinement, et ne pas les stopper dans leur jeu lorsqu’ils rencontrent des situations intimidantes ou risquées.

Aux parents qui ont du mal à résister à la tentation d'intervenir, le Dr Brussoni propose une astuce simple : compter jusqu'à 17 avant de dire "fais attention". "Ce délai est juste suffisant pour passer d'une réaction de peur à une réaction plus réfléchie", assure-t-elle.

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