- Des chercheurs français ont étudié les effets des additifs alimentaires sur plus de 100.000 personnes.
- Certains colorants et conservateurs sont associés à un risque accru de cancer, de diabète et d’hypertension.
- Les scientifiques appellent à réévaluer leur sécurité sanitaire.
Parmi les 3,5 millions d’aliments et boissons recensés dans la base Open Food Facts World en 2024, plus de 139.000 contiennent au moins un colorant alimentaire et plus de 700.000 au moins un conservateur. Ces additifs alimentaires, identifiés sur les emballages par des codes allant de "E100" à "E399", sont omniprésents dans les produits ultra-transformés. Dans trois nouvelles études publiées dans les revues Diabetes Care, European Journal of Epidemiology et European Heart Journal, des chercheurs de l’Inserm, de l’INRAE, de l’Université Sorbonne Paris Nord, de l’Université Paris Cité et du Cnam montrent des associations entre ces additifs et plusieurs maladies chroniques.
Colorants : des risques accrus de cancer et de diabète
Les scientifiques ont analysé les données de plus de 100.000 participants de la cohorte française NutriNet-Santé entre 2009 et 2024. Les résultats montrent que les colorants alimentaires "pris dans leur globalité" sont associés à une augmentation de 38 % du risque de diabète de type 2 chez les plus gros consommateurs. Certains additifs ressortent tout particulièrement. Le caramel ordinaire "E150a", par exemple, est lié à une hausse de 46 % du risque de diabète, tandis que la curcumine "E100" atteint 49 %.
Même chose pour le cancer : les colorants alimentaires sont associés à une augmentation de 14 % du risque de cancer global et de 21 % du risque de cancer du sein. Le bêta-carotène "E160a", souvent perçu comme naturel et sans danger, est notamment associé à une augmentation de 41 % du risque de cancer du sein.
Conservateurs : un impact sur le cœur ?
La troisième étude s’intéresse aux conservateurs alimentaires, utilisés pour prolonger la durée de vie des produits. Dans l’ensemble, les données révèlent une augmentation de 24 % du risque d’hypertension artérielle chez les plus forts consommateurs. Parmi les substances pointées du doigt susceptibles d’être connues du grand public, figurent le sorbate de potassium "E202" (+39 % de risque d’hypertension) ou encore l’acide citrique "E330" (+25 %). Quant à l’acide ascorbique "E300", il est associé à une augmentation de 15 % du risque de maladies cardiovasculaires.
En attendant, privilégier les aliments bruts
Pour les chercheurs, ces travaux constituent "les premières études épidémiologiques à grande échelle sur un large spectre de colorants et de conservateurs". "Compte tenu de la nature généralisée mais évitable de l’exposition aux additifs alimentaires au sein de la population", ils appellent désormais les autorités sanitaires à "réévalu[er] la sécurité de ces additifs" afin de mieux protéger la population.
En attendant, les experts rappellent les recommandations du Programme national nutrition santé : privilégier les aliments peu transformés et limiter les produits industriels et les additifs non essentiels.




