- À 35 ans, Emilia Clarke a fait congeler ses ovocytes.
- En France, l’autoconservation ovocytaire est ouverte à toutes les femmes de 29 à 37 ans depuis la loi du 2 août 2021 relative à la bioéthique.
- Les gamètes peuvent être utilisés jusqu'au 45ème anniversaire des patientes.
En 2011, Emilia Clarke a subi son premier anévrisme, peu après la fin du tournage de la première saison de Game of Thrones, où elle incarnait Daenerys Targaryen. Pour rappel, un anévrisme est une dilatation anormale d'un vaisseau sanguin dans le cerveau, lié à une fragilité de la paroi. Deux ans plus tard, l’actrice britannique a été victime d'un second anévrisme, qui a, comme le premier, nécessité une intervention chirurgicale au cerveau. "J’étais si mal en point et je pensais sans cesse que j'allais mourir. Et puis mon père est décédé, et c'était encore plus dur que les hémorragies cérébrales", a-t-elle confié au Times.
Lors d’un entretien accordé au média, la patiente confie que ces épreuves survenues durant sa vingtaine l'ont amenée à se replier sur elle-même pendant un certain temps. "Pendant plusieurs années, j'ai eu envie de me couper du monde et de rester chez moi. Je ne saurais décrire à quel point j'étais jeune et naïve à mes débuts." Après avoir surmonté ces épreuves, elle prend la décision de préserver sa fertilité. "On traverse tous des moments importants, comme lorsque j'ai congelé mes ovules à 35 ans. Beaucoup d'autres femmes de cet âge font de même", a déclaré Emilia Clarke. Cette préservation permet de pallier l’évolution naturelle de la réserve ovarienne qui diminue avec l’âge tant sur le plan quantitatif que qualitatif dès 35 ans et plus encore au-delà de 40 ans.
Congélation d’ovocytes : qui est concerné ?
La congélation d’ovocytes est proposée depuis plusieurs années aux femmes dont la fertilité pouvait être altérée pour des raisons médicales. La loi du 2 août 2021 relative à la bioéthique a ouvert le droit aux femmes de bénéficier de l'autoconservation de leurs gamètes sans qu’il n’y ait de cause médicale. Ainsi, toutes les Françaises, qui veulent préserver leur fertilité et qui n’ont pas envie d’avoir un enfant dans l’immédiat, peuvent faire congeler leurs ovocytes à partir de 29 ans et jusqu’à 37 ans.
Comment se déroule la congélation d’ovocytes ?
"L’autoconservation ovocytaire consiste en une stimulation ovarienne avec une ponction folliculaire au bloc opératoire afin de recueillir les ovocytes matures", peut-on lire sur le site du CHRU de Strasbourg. Une fois ponctionnés, les ovocytes sont vitrifiés puis cryopréservés dans de l’azote liquide à -196 °C au lieu d’être inséminés et fécondés. D’après le CHU de Lyon, la procédure est répétée deux à trois fois et 8 à 10 ovocytes sont prélevés à chaque fois. "L'objectif est d'atteindre une quinzaine d'ovocytes. (…) La durée de conservation des ovocytes peut être de plusieurs années sans que la qualité de ceux-ci ne soit affectée. Ils seront conservés jusqu'à leur 45ème anniversaire. Les taux de survie des ovocytes au moment de leur réutilisation sont élevés (proche de 90 %) mais il persiste tout de même un faible risque de lyse (fragmentation et désintégration) à la décongélation", indique le CHU de Montpellier. À terme, la patiente aura également la possibilité d’en faire don.
Congélation d’ovocytes : quel est le coût ?
Le CHU de Nantes souligne que les traitements et actes médicaux liés à la congélation des ovocytes sont intégralement pris en charge par l’Assurance Maladie. En revanche, les frais de stockage annuels ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale et sont donc entièrement à la charge de la patiente (environ 40-50 euros par an)."Chaque année, vous recevrez une relance par courrier postal afin de vous positionner sur le devenir de vos ovocytes congelés", ajoutent les médecins du CHU de Montpellier.


