- La testostérone joue un rôle important dans la masse musculaire, mais son effet dépend aussi des récepteurs présents dans les muscles.
- Les variations naturelles liées à l’alimentation ou au sport restent généralement limitées.
- Pour prendre du muscle, un entraînement régulier et un nutrition équilibrée demeurent essentiels.
Et si les compléments alimentaires supposés "augmenter" la testostérone n’étaient pas la solution miracle pour prendre du muscle ? Sur les réseaux sociaux, de nombreux influenceurs "muscu" font l’éloge du zinc, du magnésium et autres suppléments. Pourtant, les spécialistes rappellent que la réalité biologique est bien plus complexe.
La testostérone, une hormone clé mais pas miracle
La testostérone est une hormone androgène indispensable au développement, notamment chez les garçons à la puberté. Elle intervient aussi dans le maintien de la masse musculaire à l’âge adulte. Mais croire qu’un simple "boost" de cette hormone suffit à transformer sa silhouette est trompeur : la quantité de testostérone compte, certes, mais la manière dont le corps y répond joue un rôle tout aussi essentiel.
"Il y a deux facteurs clés : la quantité de testostérone dans l’organisme et le nombre de récepteurs androgènes dans les muscles", explique le professeur Leigh Breen, spécialiste de la physiologie musculaire à l’Université de Leicester au Royaume-Uni, interrogé par le journal The Guardian. Ces récepteurs agissent comme des "sites d’ancrage" permettant à l’hormone d’exercer ses effets. Or, le nombre de ces récepteurs dans les muscles dépend principalement de la génétique. Mais leur fonctionnement peut être influencé par certaines habitudes de vie, notamment l’activité physique régulière. En clair, ce n’est pas seulement l’hormone qui compte, mais aussi la capacité du muscle à y répondre.
Sur les réseaux, de nombreux influenceurs promettent qu’une alimentation riche en zinc ou en magnésium permettrait d’augmenter naturellement la testostérone et donc la masse musculaire. Or, les chercheurs appellent à la prudence. "Pendant la majeure partie de la vie adulte, les fluctuations naturelles de testostérone, ou les changements liés à l’exercice et à l’alimentation, restent subtils", rappelle Leigh Breen auprès du Guardian. Pour la majorité des personnes, ces variations ont donc peu d’effet visible sur la prise de muscle.
Musculation : un travail sur le long terme
Dans les cas extrêmes, c’est toutefois une autre histoire. L’exemple le plus frappant est celui des stéroïdes anabolisants, qui exposent le corps à des niveaux de testostérone très supérieurs aux valeurs naturelles. "L’effet sur la masse musculaire est significatif, souligne le chercheur. Certaines personnes gagnent même du muscle sans entraînement." A l’inverse, certaines maladies comme l’hypogonadisme, fréquent chez certains hommes âgés, entraînent une chute importante de la testostérone, qui provoquer une perte musculaire et une faiblesse physique.
Reste que, pour la plupart d’entre nous, la testostérone évolue dans une fourchette plutôt stable. Les experts rappellent donc que les fondamentaux demeurent les mêmes : un entraînement régulier, une alimentation équilibrée, un apport suffisant en protéines et surtout... de la patience ! Construire du muscle est un travail de long terme.


