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QUESTION D'ACTU

Oncologie

L’aspirine peut-elle révéler un cancer de la vessie ?

Ce médicament provoque ou aggrave des saignements urinaires préexistants, qui pourraient inciter les médecins à réaliser des examens complémentaires afin de dépister une tumeur de la vessie asymptomatique.

L’aspirine peut-elle révéler un cancer de la vessie ? SewcreamStudio/iStock




L'ESSENTIEL
  • Comme l’aspirine réduit la coagulation sanguine, elle peut provoquer ou accentuer de petits saignements urinaires.
  • Dans une étude portant sur plus de 50.000 nouveaux utilisateurs d’aspirine au Danemark, les chercheurs ont observé davantage d’examens de la vessie et une détection plus fréquente de cancers à des stades moins invasifs.
  • Cela suggère que ce médicament peut contribuer à le faire détecter plus tôt.

"La question de savoir si la mise en place d'un traitement à base d'aspirine ou d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peut permettre de détecter des cancers de la vessie non diagnostiqués grâce à l'hématurie (la présence de sang dans les urines) reste controversée", selon des chercheurs de l'université d'Aarhus (Danemark). Afin d'évaluer cet "effet de démasquage", ces derniers ont avons comparé les taux de cystoscopie (examen médical permettant de visualiser l'intérieur de la vessie), la prévalence du cancer de la vessie lors de la cystoscopie et la prévalence des stades invasifs au moment du diagnostic chez les patients ayant commencé un traitement à base d'aspirine ou d'anti-inflammatoires non stéroïdiens et chez ceux n'ayant jamais pris ce type de médicaments. Au total, 50.771 personnes ayant débuté un traitement par aspirine entre 2005 et 2023 et 156 191 adultes prenant des anti-inflammatoires non stéroïdiens ont été recrutés.

Cancer de la vessie : "les personnes débutant un traitement par aspirine constituent une population à risque accru"

D’après les données, publiées dans la revue Journal of Internal Medicine, les volontaires ayant récemment commencé un traitement par aspirine, qui réduit la coagulation sanguine, ont subi davantage de cystoscopies, par rapport aux adultes de la population générale n'ayant jamais pris ce traitement. Les résultats des examens ont montré que les volontaires ayant récemment commencé un traitement par aspirine présentaient une prévalence de cancer de la vessie similaire, mais une prévalence de cancer invasif plus faible que celles n'ayant jamais pris d'aspirine.

"Ces recherches suggèrent que les personnes débutant un traitement par aspirine constituent une population à risque accru de cancer de la vessie, et que le recours plus fréquent à la cystoscopie reflète ce risque et se justifie donc cliniquement. La combinaison d'une proportion plus importante de cystoscopies pertinentes et d'une prévalence plus faible de cancer invasif au moment du diagnostic pourrait révéler des cancers de la vessie jusque-là asymptomatiques", ont écrit les auteurs.

Pas de cancer de la vessie asymptomatique révélé après la prise d’AINS

En ce qui concerne les participants ayant commencé un traitement par AINS, ils ont subi davantage de cystoscopies que celles n'ayant jamais pris ces médicaments. Cependant, les patients présentaient une prévalence de cancer de la vessie plus faible après cystoscopie et une répartition des stades similaire à celle des personnes n'ayant jamais pris d'AINS. "Cela suggère que le taux plus élevé de cystoscopies n'était peut-être pas cliniquement justifié."

Face à ces résultats, les scientifiques soulignent l'importance d'une prise en charge rapide des symptômes suspects de cancer de la vessie chez les patients ayant commencé un traitement par aspirine.

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