- Une étude montre qu’environ 3 personnes sur 4 atteintes de psoriasis bien contrôlé sous biothérapies peuvent réduire leur dose sans perte d’efficacité, notamment avec les traitements récents ciblant l’IL-17 ou l’IL-23.
- Chez ces patients, la réduction de la dose permet de garder un contrôle équivalent de la maladie et de réduire le risque d’effets secondaires.
- En outre, cette mesure permettrait de faire des économies importantes pour le système de santé.
En cas de psoriasis, plusieurs types de biothérapie (traitements utilisant des médicaments biologiques ou biotechnologiques) peuvent être utilisés. Les inhibiteurs de l'interleukine (IL)-17 et de l'IL-23, inhibant de façon plus ciblée certaines molécules impliquées dans l'inflammation "sont très efficaces, mais tous les patients ne nécessitent pas la dose recommandée", selon des chercheurs du centre médical universitaire Radboud (Pays-Bas) et de l'hôpital universitaire de Gand (Belgique). Dans une nouvelle étude, ces derniers ont donc décidé d’évaluer si la réduction de la dose, qui contribuerait à prévenir une exposition inutile au médicament et à diminuer les dépenses de santé, était efficace et sûre chez les malades.
Biothérapies dans le psoriasis : diminuer la dose en espaçant les injections
Pour les besoins des travaux, l’équipe a recruté 244 personnes souffrant de psoriasis présentant une faible activité stable de la maladie. Les participants, issus de 19 hôpitaux néerlandais et belges, ont été suivis pendant 18 mois. Au cours de l’intervention, ils ont reçu soit une biothérapie par allongement progressif de l'intervalle entre les doses, soit les soins habituels. Les médicaments étudiés étaient le sécukinumab, l’ixékizumab, le bimékizumab, le brodalumab, le guselkumab, le risankizumab et le tildrakizumab.
Dans le groupe bénéficiant d’une réduction de la dose, les intervalles entre les injections ont été progressivement allongés à 67 % et 50 % de la dose initiale si l'activité de la maladie le permettait. "Les patients craignent une réapparition de leurs symptômes. Ils souffrent souvent de psoriasis depuis longtemps, certains présentaient des symptômes depuis vingt ans avant de commencer un traitement biologique. C’est pourquoi les participants à l’étude pouvaient revenir à la dose standard à tout moment s’ils le souhaitaient, ce qui permettait de garder le contrôle", a précisé Elke de Jong, dermatologue et professeure de maladies inflammatoires de la peau qui a participé aux recherches.
Psoriasis : réduire la posologie des biothérapies présente de nombreux avantages
Selon les résultats, publiés dans la revue The Lancet Regional Health – Europe, les biothérapies sont restées efficaces chez 75 % des patients à deux tiers, voire à la moitié de la dose standard. La diminution progressive du traitement sous surveillance médicale s’est avérée sûre. "Certains patients ne reçoivent qu’une injection tous les six mois. Cela réduit également le risque d’effets secondaires et est plus durable grâce à une production et un transport moindres de ces médicaments", a déclaré Juul van den Reek, médecin-épidémiologiste et auteur principal des travaux, avant d’ajouter que cette découverte permet d'économiser jusqu'à 8.500 € par patient et par an.
Face à ces données, les auteurs souhaiteraient inclure dans les recommandations la possibilité de réduire la posologie. "Cette première étude apporte des preuves suffisantes pour commencer à adapter les recommandations aux Pays-Bas et en Belgique."



