- Une étude portant sur plus de 110.000 femmes suggère que les médicaments GLP-1 pourraient réduire le risque de cancer du sein.
- Les chercheuses avancent plusieurs explications, notamment la perte de poids et la diminution de l'inflammation.
- Des essais cliniques seront nécessaires pour confirmer ces résultats.
Et si les médicaments stars de la perte de poids avaient aussi un rôle à jouer dans la prévention du cancer ? C'est en tout cas l'hypothèse soulevée par une nouvelle étude présentée lors du congrès annuel 2026 de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO), qui suggère une réduction du risque de cancer du sein chez les femmes en surpoids ou obèses, même si des recherches complémentaires restent nécessaires. Pour rappel, en France, les médicaments de la famille des GLP-1, comme Ozempic ou Mounjaro, seront, à partir du 11 juin, remboursés à 65 % par la Sécurité sociale pour les patients souffrant d’obésité sévère.
Une diminution de l'inflammation chronique
D'après un communiqué, les chercheurs ont analysé les données de plus de 110.000 femmes âgées de 45 à 80 ans. Ils ont constaté que les participantes ayant utilisé des traitements anti-obésité présentaient un risque de développer un cancer du sein environ 30 % plus faible que les autres. Cette association a été observée indépendamment de plusieurs facteurs de risque connus, comme l'âge, l'indice de masse corporelle (IMC), la densité mammaire ou encore le diabète.
Les agonistes du récepteur du GLP-1 agissent en imitant des hormones naturellement produites par l'intestin après les repas. Ils augmentent la sécrétion d'insuline, réduisent l'appétit et favorisent la perte de poids tout en améliorant certains marqueurs métaboliques.
Des mécanismes qui, selon les chercheurs, pourraient expliquer les résultats sur le risque cancéreux. Ils rappellent en effet qu'"il existe de nombreuses preuves montrant que le poids influence le risque de cancer du sein et que les modifications du mode de vie, notamment la perte de poids, peuvent réduire ce risque".
Mais les scientifiques s'intéressent aussi à un autre effet potentiel des traitements amaigrissants : la diminution de l'inflammation chronique. On sait en effet que l'inflammation joue un rôle important dans l'apparition et la progression du cancer du sein. Elizabeth McDonald, professeure de radiologie à la Perelman School of Medicine de l'Université de Pennsylvanie, souligne : "Les médicaments GLP-1 sont fascinants du point de vue de la recherche, car ils n'ont pas été conçus pour traiter le cancer, mais ils agissent sur de nombreuses cibles et voies biologiques associées au développement des cancers."

Des outils potentiels de prévention du cancer
Les auteurs appellent toutefois à la prudence. L'étude est observationnelle et ne permet pas d'établir un lien de causalité direct entre la prise de GLP-1 et la diminution du risque de cancer du sein. Par ailleurs, l'analyse concernait uniquement des femmes en surpoids ou obèses, elle ne peut donc pas être généralisée à l'ensemble de la population féminine. Cela dit, "elle s'ajoute au nombre croissant de preuves suggérant qu'il vaut la peine d'étudier ces médicaments comme outils potentiels de prévention du cancer", précise Elizabeth McDonald. Une récente étude menée sur plus de 20.000 patients suggère par exemple que les médicaments anti-obésité pourraient réduire le risque de métastases dans plusieurs cancers.
Pour aller plus loin, l’équipe souhaite désormais lancer un essai clinique randomisé. L'objectif serait d'évaluer les bénéfices potentiels de ces traitements sur trois fronts : la prévention du cancer, des maladies cardiovasculaires et des changements métaboliques liés à la ménopause.


