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Vaccination et grossesse : la double peine du petit-dernier

Au fur et à mesure des grossesses, les femmes enceintes sont moins susceptibles de faire les vaccins recommandés. Or les bébés ayant des ainés ont plus de risque d'être infectés par les virus

Vaccination et grossesse : la double peine du petit-dernier ChristinLola/istock




L'ESSENTIEL
  • L'adhésion vaccinale des femmes enceintes diminue fortement à chaque grossesse.
  • Or, les hospitalisations pour la coqueluche et la grippe chez les nourrissons augmentent avec sa place dans la fratrie.
  • L'étude montre que les enfants qui bénéficient le plus de la vaccination maternelle, sont plus susceptibles de ne pas l'avoir.

Se faire vacciner pendant la grossesse contre les maladies infectieuses n’est pas un geste pour soi. Cela permet aussi de protéger son bébé ses premiers mois de vie puisque les anticorps fabriqués lui sont transmis via le placenta. En France, quatre vaccins sont recommandés aux futures mamans : ceux contre la grippe, la Covid-19, la coqueluche et la bronchiolite.

Toutefois, le chercheur néo-zélandais Thomas Schober tire la sonnette d’alarme dans un article paru dans The Conversation. Les travaux menés dans son pays montrent que les femmes se vaccinent de moins en moins au fil de leurs grossesses. Or, les bébés ayant des frères et sœurs plus âgés ont plus de risques d’infection.

La vaccination diminue à chaque grossesse

Tout comme en France, il est conseillé aux femmes enceintes de se faire vacciner contre la coqueluche, la grippe et la covid-19 pendant leur grossesse. Et comme dans notre pays, il s’agit seulement d’une recommandation. En s’appuyant sur les données administratives de la Nouvelle-Zélande couvrant plus de 200.000 naissances entre 2015 et 2023, et celles de l’année 2025 le chercheur de l’université d’Auckland a constaté que cette vaccination maternelle recommandée est loin d’être universelle.

En 2025, 61 % des futures mamans avaient reçu leur dose contre la coqueluche pendant leur grossesse et 40 % avaient fait les injections contre la grippe. Mais, le scientifique a surtout remarqué que l’adhésion vaccinale baisse avec le nombre de grossesses. Chez les primipares, le taux de vaccination contre la coqueluche grimpe à 69 % et celui de la grippe à 45 %. Elles ne sont plus que 63 % et 41 % à faire les piqûres recommandées lors d’une deuxième grossesse. À la 4e grossesse, les chiffres chutent à 38 % et 24 %.

"La même mère est moins susceptible d'être vaccinée lors de grossesses ultérieures que lors de grossesses antérieures", conclue-t-il après avoir épluché près de 10 ans de données.

Les petits derniers sont ainsi moins protégés contre les virus de leurs aînés

Ce qui est loin d’être bon au vu de l’autre phénomène mis en lumière par ses travaux. En plus d’être moins protégés contre les virus via la vaccination, les petits derniers de la famille ont plus de risques d’être hospitalisés pour la coqueluche ou la grippe que les autres enfants, “probablement en raison d'une exposition accrue aux maladies infectieuses via les frères et sœurs plus âgés”, ajoute l’expert. En effet, les enfants qui fréquentent des lieux collectifs comme les crèches ou les écoles, sont des vecteurs fréquents de virus… ainsi que des petits malades pour qui les gestes barrières restent difficiles à suivre assidûment.

"C'est préoccupant du point de vue de la santé publique. Les bébés ayant des frères et sœurs plus âgés sont exposés à un plus grand risque d'infection, tandis que leurs mères sont moins susceptibles de recevoir les vaccinations recommandées pendant la grossesse", déplore-t-il.

Pourquoi les mères se vaccinent moins au fil des grossesses ? 

Le chercheur avance plusieurs explications pour expliquer la baisse de l’adhésion maternelle à la vaccination. Au fur et à mesure que la famille grandit, les parents doivent partager leur attention sur l’ensemble des enfants. Ce qui peut impacter le temps disponible pour les soins de grossesse ou de la petite enfance. "Les parents peuvent également apprendre et s'adapter au fur et à mesure qu'ils acquièrent de l'expérience, modifiant ainsi leur approche de la grossesse et des soins aux nourrissons", ajoute l’auteur.

Pour mémoire, en France, la vaccination des tout-petits contre la coqueluche se fait lors d’un vaccin qui protège aussi contre 5 autres maladies (diphtérie, tétanos, poliomyélite, infection à Haemophilus influenzae b, hépatite B). Elle repose sur 2 doses : la première est à 2 mois et la suivante, deux mois plus tard. Les bébés ne sont ainsi totalement protégés contre les virus qu’à partir de 4 mois.

Concernant la grippe, la vaccination n’est recommandée que pour les enfants à partir de 6 mois qui ont des formes à risque de forme grave. Néanmoins, “La vaccination de la mère permet de diminuer le risque de donner la grippe à son bébé après sa naissance. Par ailleurs, les anticorps transmis par la mère le protègent contre des formes sévères plus fréquentes avant l’âge de 6 mois. Le vaccin ne protège pas à 100% contre une grippe, mais si celle-ci survient elle sera bien atténuée”, explique la HAS sur son site internet.

Pour Thomas Schober, son étude montre qu’il faut parvenir à augmenter la vaccination maternelle, surtout chez les femmes ayant déjà des enfants. Car, cela reste le meilleur moyen de protéger la santé des nourrissons dès leurs premières semaines de vie contre des virus qui circulent facilement au sein du foyer.

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