- La vaccination des femmes enceintes contre la coqueluche entraîne le transfert d'anticorps à leur enfant.
- Ces anticorps maternels sont transmis au bébé par le placenta.
- Ils sont détectés dans la muqueuse nasale des nourrissons, principal point d'entrée des bactéries responsables de la coqueluche dans l'organisme.
Ces dernières années, la France a connu une résurgence de la coqueluche, une infection respiratoire, très contagieuse, due à une bactérie appelée Bordetella pertussis. Considérée longtemps par erreur comme une maladie de la petite enfance, elle se manifeste par des quintes de toux, une respiration difficile, un visage rouge et bouffi, ainsi que des vomissements. En l’absence de traitement, cette pathologie, transmise par voie aérienne, les symptômes peuvent se prolonger pendant plusieurs semaines. Chez les nourrissons, non ou partiellement vaccinés, et les personnes à risque, comme les femmes enceintes, les seniors, les patients immunodéprimés ou obèses, la coqueluche peut être particulièrement dramatique, voire mortelle.
La vaccination contre la coqueluche "obligatoire pour les nourrissons et recommandée avant une grossesse"
Afin d’éviter de contracter la maladie, la meilleure prévention reste la vaccination, qui peut être réalisée à tout âge. "Elle est obligatoire pour les nourrissons et particulièrement recommandée avant une grossesse, et pour les personnes fragiles ou exposées à la coqueluche", indique l’Assurance Maladie. Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue The Lancet Microbe, des chercheurs du Centre médical universitaire Radboud (Pays-Bas) ont confirmé que la vaccination chez les femmes enceintes était un atout pour le système immunitaire de leur bébé.
Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe a voulu évaluer l’effet de la primovaccination sur l’immunité muqueuse spécifique de la coqueluche chez les nourrissons dont la mère avait reçu un vaccin contenant la coqueluche acellulaire (tétanos-diphtérie-coqueluche acellulaire-poliovirus inactivé) ou un vaccin antitétanique seul (anatoxine tétanique) entre la 28ème et la 34ème semaine de grossesse. Ils ont donc recruté 343 mères et leurs bébés entre le 13 février 2019 et le 17 mai 2021. Selon les données, la moitié des participantes enceintes avaient reçu le vaccin contre la coqueluche. Leurs enfants ont ensuite bénéficié d’une primovaccination avec un des deux vaccins à l’âge de 8, 12 et 16 semaines. "Des dispositifs de nasosorption ont été utilisés pour recueillir le liquide de la muqueuse nasale chez les nourrissons à l’âge de 8, 16, 17 et 20 semaines, et à 9 mois."
Coqueluche : les femmes enceintes vaccinées transmettent des anticorps à leur bébé par voie placentaire
D’après les résultats, les mères vaccinées pendant leur grossesse ont transmis des anticorps par voie placentaire. "La réponse immunitaire diffère selon le type de vaccin." Plus précisément, à l'âge de 8 semaines, avant la primovaccination, les bébés nés de mères ayant reçu le vaccin Tdap-IPV (tétanos-diphtérie-coqueluche acellulaire-poliovirus inactivé) pendant leur grossesse présentaient des concentrations plus élevées immunoglobulines G spécifiques contre la toxine Bordetella pertussis dans leur nez. "Le fait que ces anticorps atteignent la muqueuse nasale n'avait pas été démontré auparavant et souligne l'efficacité de cette vaccination", ont précisé les auteurs.
Après la primovaccination, les deux groupes de nourrissons ayant reçu le vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche à germes entiers avaient des concentrations moyennes d'IgG anti-Borrelia pertussis nasales significativement plus élevées que ceux ayant reçu le vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche acellulaire. "La différence réside dans le fait qu'un vaccin à cellules entières contient la bactérie de la coqueluche complète, mais inactivée, tandis qu'un vaccin acellulaire ne contient que quelques composants purifiés de la bactérie", a expliqué Dimitri Diavatopoulos, auteur des travaux. "Les vaccins acellulaires provoquent généralement moins d'effets secondaires, mais offrent souvent une protection de plus courte durée. Nos résultats suggèrent que les vaccins à cellules entières pourraient assurer une protection immunitaire plus durable", a ajouté Janeri Fröberg, qui a participé à l’étude.



