- L'épidémie de bronchiolite se poursuit en France.
- L’immunisation directe par l’injection au nouveau-né de l’anticorps monoclonal nirsevimab (Beyfortus) est plus efficace que celle indirecte par la vaccination des femmes enceintes par Abrysvo.
- Dans le détail, l’administration du Beyfortus réduit le risque d’hospitalisation, d’admission en soins intensifs et réanimation, de recours à une ventilation et d’oxygénothérapie.
Du 8 au 14 décembre, toutes les régions hexagonales étaient en épidémie de bronchiolite, excepté la Corse qui était en pré-épidémie. "Les indicateurs syndromiques étaient en augmentation en ville, à des niveaux proches de ceux observés la saison précédente à la même période. Une tendance à la stabilisation était observée pour les passages aux urgences, mais les hospitalisations après passage étaient en augmentation. Le taux de détection du VRS (virus respiratoire syncytial) tous âges était en augmentation dans les prélèvements nasopharyngés réalisés par les laboratoires de biologie médicale en ville et amorçait une diminution à l’hôpital", peut-on lire dans le dernier bulletin de Santé publique France.
Dans celui-ci, l’autorité sanitaire rappelle l’existence de deux stratégies de prévention du virus respiratoire syncytial (VRS), responsable de la bronchiolite. Il s’agit de la vaccination de la femme enceinte, qui est recommandée selon le schéma à une dose avec le vaccin Abrysvo, entre la 32ème et la 36ème semaine d’aménorrhée. Cette approche permet une protection indirecte du nourrisson par le transfert d’anticorps maternels. Autre option : les anticorps monoclonaux disponibles, à savoir le Beyfortus (nirsevimab) et le Synagis (palivizumab). Ces traitements sont administrés en une fois sous forme de piqûre et protègent les nourrissons en quelques jours après l’injection et pendant au moins 5 mois.
Le Beyfortus protège mieux les nourrissons contre la bronchiolite
Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue JAMA, EPI-PHARE, groupement d’intérêt scientifique entre l’ANSM et la Cnam, a voulu comparer l’efficacité du Beyfortus et de l’Abrysvo. Pour ce faire, ils ont utilisé des données du Système national des données de santé. Au total, 42.560 nourrissons nés entre septembre et décembre 2024, ayant reçu une immunisation passive par nirsevimab ou une immunisation maternelle par RSVpreF, ont été inclus. Les chercheurs ont pris en compte la date de sortie de la maternité, le sexe, l’âge gestationnel et la région.
Après un suivi médian de 84 jours, 481 hospitalisations liées au VRS, dont 212 dans le groupe Beyfortus et 269 dans le groupe Abrysvo, ont été enregistrées. Selon les travaux, le risque d’hospitalisation était significativement plus faible chez les enfants ayant reçu le Beyfortus. Les risques d’admission en soins intensifs et réanimation, de recours à une ventilation et d’oxygénothérapie étaient également inférieurs chez ces bébés.
Bronchiolite : "les deux approches restent efficaces et complémentaires"
"Ces résultats suggèrent que le Beyfortus offre une efficacité supérieure à celle de la vaccination maternelle par Abrysvo dans la prévention des hospitalisations liées au VRS et des formes sévères au cours de la première saison de VRS chez les nourrissons. Toutefois, les deux approches restent efficaces et complémentaires, et leur intégration dans une stratégie combinée pourrait permettre d’optimiser la prévention du VRS en population générale", ont conclu les scientifiques.



