- Des chercheurs ont développé un vaccin contre le chikungunya.
- Ils ont modifié une bactérie E. coli pour qu'elle intègre des particules de biopolymères présentant des antigènes du chikungunya et agissant comme un vaccin.
- Les premiers tests sur des souris sont prometteurs.
Entre le réchauffement climatique et l’implantation croissante du moustique tigre en France et en Europe, les cas de chikungunya ont explosé en occident ces dernières années. En 2025, on a compté 788 cas autochtones en métropole et 1.073 cas importés. Face à cette menace grandissante, il devient essentiel de trouver des outils pour lutter contre cette maladie virale.
Les chercheurs de l’université Griffith pourraient bientôt nous en fournir un : ils sont sur le point de mettre au point un vaccin contre cette infection qui provoque des atteintes articulaires et un état grippal. Leur découverte a été présentée dans la revue Biomaterials.
Une vaccination via une bactérie E. coli modifié
L’idée de l’équipe portée par le professeur Bernd Rehm est de modifier génétiquement une bactérie E. coli pour y intégrer des particules de biopolymères présentant des antigènes du chikungunya et agissant comme un vaccin. "Les particules de biopolymère synthétique, E2-BP-E1 sans adjuvant, imitaient fidèlement le virus réel et induisaient une réponse immunitaire", explique le professeur Rehm dans un communiqué.
Lors des premiers tests en laboratoire sur des souris, le système immunitaire a reconnu les particules comme un virus. "Cela a déclenché une réaction dans l'organisme au cours de laquelle les cellules immunitaires ont absorbé très efficacement les particules de biopolymère et ont engagé le système immunitaire pour mettre en place une réponse antivirale", expliquent les auteurs.
Chikungunya : vers un vaccin sûr et protecteur
L'analyse de tissus musculaires et articulaires montre une réduction de l'inflammation et de la pathologie chez les souris "vaccinées" et mises en contact avec le chikungunya. Dans leur article, les auteurs précisent que les données indiquent que la production des particules E2-BP-E1 semble "sûre, rentable et évolutive, offrant des avantages par rapport aux vaccins actuels".
Après ces résultats prometteurs sur les souris, l’équipe compte poursuivre ses travaux en lançant un essai clinique au cours duquel les patients testeront l'innocuité du vaccin. Viendront ensuite les essais d'efficacité.
Le chikungunya est rarement mortel. Les patients qui en décèdent ont généralement des comorbidités. Toutefois, cette maladie peut impacter la vie quotidienne des malades. En effet, elle peut se chroniciser. "Le système immunitaire continue d’attaquer les tissus articulaires même après que le virus ait quitté l’organisme”, explique le professeur Rehm. "Jusqu’à 60 % des patients souffrent de douleurs articulaires persistantes, qui peuvent durer des mois ou des années, et ressembler à la polyarthrite rhumatoïde."



