- La contraception hormonale réduirait le risque cardiovasculaire chez de nombreuses femmes.
- Mais cet effet disparaît chez celles souffrant de syndrome de stress post-traumatique.
- Ces résultats pourraient changer la façon dont ces traitements sont prescrits.
En France, une femme meurt toutes les 7 minutes de maladies cardiovasculaires (infarctus, accident vasculaire cérébral, embolie pulmonaire…). Aux Etats-Unis, ce sont plus de 400.000 femmes qui y succombent chaque année, faisant des maladies cardiaques la première cause de décès féminin dans le pays. Et pourtant, certains facteurs de risque spécifiques aux femmes restent largement méconnus. Une nouvelle étude américaine du célèbre Mass General Brigham, publiée dans JAMA Network Open, s’intéresse à un sujet sensible : le lien entre contraception hormonale, troubles psychiatriques liés au stress et risque cardiovasculaire.
Quand la contraception croise le stress
Utilisée par plus de neuf millions d’Américaines, la contraception hormonale (pilule, implant...) modifie les taux d’œstrogène et de progestérone. Si ses effets sur la santé cardiovasculaire ont déjà été examinés, les recherches portent généralement sur des femmes jeunes et en bonne santé. Or, les troubles associés au stress comme l’anxiété, la dépression ou encore le syndrome de stress post-traumatique (SSPT), fréquents chez les femmes d’âge moyen, pourraient changer la donne : c’est en tout cas l’hypothèse de départ des chercheurs. Le système neuro-cardiaque, influencé par le stress chronique, pourrait en effet interagir avec les hormones contraceptives et modifier la réponse inflammatoire ou vasculaire de l'organisme.
"Notre étude est la première à examiner les effets combinés des contraceptifs hormonaux et des troubles liés au stress sur le risque cardiovasculaire ou thrombotique", explique son autrice principale, Antonia Seligowski, dans une interview publiée sur le site du Mass General Brigham. En analysant les données médicales de plus de 31.000 femmes, les scientifiques ont découvert quelque chose de surprenant : "Pour la majorité d’entre elles, y compris celles ayant un passé d’anxiété ou de dépression, l’utilisation de contraceptifs hormonaux était associée à un risque plus faible d’événements cardiovasculaires majeurs". Le stress chronique n’entrerait donc pas tant en jeu. A une exception près, toutefois : ce bénéfice disparaît chez les femmes souffrent de SSPT, qui ne profitent pas de cet effet préventif lié à la contraception.
Un effet protecteur, sauf en cas de stress post-traumatique
Ces découvertes "suggèrent que le risque cardiovasculaire pourrait varier selon le type de trouble psychiatrique présent chez les femmes utilisant une contraception hormonale". L’équipe de chercheurs envisagent déjà des études cliniques pour explorer l’impact des formules contraceptives sur la pression artérielle, la coagulation sanguine ou encore la santé vasculaire. "Si ces résultats sont confirmés, les professionnels de santé devront tenir compte des troubles psychiatriques associés au stress chronique lorsqu’ils prescrivent une contraception hormonale", conclut Antonia Seligowski.


