- Des chercheurs suédois ont trouvé un lien entre les PFAS, les PCB et la sclérose en plaques.
- Ces substances chimiques persistantes doubleraient le risque de développer la maladie.
- Les "polluants éternels" sont connus pour leurs effets néfastes sur la santé : cancers, hypertension artérielle, cholestérol, perturbations hormonales...
C'est une hypothèse alarmante que soulève une étude suédoise publiée dans la revue Nature Communications : certains "polluants éternels", présents dans l’eau potable et bien connus pour leur nocivité, doubleraient le risque de développer une sclérose en plaques (SEP). En cause, deux familles de substances chimiques toxiques : les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) et les PCB (polychlorobiphényles).
Des polluants invisibles mais bien néfastes
Bien que les PCB soient interdits depuis 1979 aux États-Unis et que l’Etat du Maryland ait banni la plupart des usages de PFAS en 2024, ces composés continuent de circuler dans l’environnement et dans l’organisme humain, où ils ont été détectés un peu partout. D'après le Maryland Department of the Environment, des traces de PFAS ont encore été identifiées dans l'eau potable en 2022. Ces "polluants éternels" sont désormais connus pour leurs effets néfastes sur la santé : cancers, hypertension artérielle, cholestérol, perturbations hormonales, ou encore affaiblissement du système immunitaire, selon les autorités sanitaires américaines, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) et l’Environmental Protection Agency (EPA).
Mais cette fois, c’est leur lien avec une maladie auto-immune grave qui inquiète : la sclérose en plaques. Dans le cadre de leurs travaux, les scientifiques ont examiné le sang de 907 patients récemment diagnostiqués d’une SEP et 907 personnes en bonne santé. "Nous avons observé que plusieurs substances, comme le PFOS [acide perfluorooctanesulfonique] et certains PCB hydroxylés, étaient associées à un risque accru de SEP", explique Kim Kultima, chercheur à l’université d’Uppsala, dans un communiqué. "Les personnes avec les concentrations les plus élevées de PFOS et PCB avaient environ deux fois plus de risque d’être diagnostiquées que celles avec les concentrations les plus faibles."
Les PFAS, un nouveau facteur de risque de SEP ?
La sclérose en plaques touche plus de 1,8 millions de personnes dans le monde, dont 110.000 en France, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle se manifeste généralement entre 20 et 40 ans, provoquant des troubles moteurs, sensoriels, et de la vision, en raison d'une réaction auto-immune contre le système nerveux central. Si des injections de corticoïdes peuvent ralentir sa progression, aucun traitement curatif n’existe à ce jour.
On compte, parmi les facteurs de risque connus de la SEP, le tabagisme, l’obésité durant l’adolescence et un faible taux de vitamine D. Les chercheurs suédois suggèrent aujourd'hui d’ajouter les PFAS à la liste : "Nous devons considérer les polluants environnementaux comme des facteurs de risque potentiels pour les maladies auto-immunes". Une alerte qui pourrait bien changer notre regard sur l’eau que nous buvons au quotidien.



