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Infection

Crans-Montana : après les brûlures, le risque nosocomial

Gravement blessé dans l’incendie dramatique de Crans-Montana, un jeune de 18 ans est mort d’une infection bactérienne résistante aux antibiotiques. Un autre patient serait aussi contaminé. Une situation qui alerte sur les risques spécifiques encourus par les grands brûlés à l'hôpital. 

Crans-Montana : après les brûlures, le risque nosocomial SiyueSteuber / istock




L'ESSENTIEL
  • Un grand brûlé de Crans-Montana est décédé non pas de ses blessures, mais d’une infection bactérienne contractée à l’hôpital.
  • La bactérie nosocomiale en cause, résistante aux traitements, est fréquente chez les patients brûlés.
  • Cette situation souligne la vulnérabilité des grands brûlés face aux infections.

Dans la nuit du Nouvel An, l’incendie survenu dans un bar de Crans-Montana, en Suisse, a causé la mort de plusieurs personnes et laissé plusieurs autres gravement blessées. Parmi elles, un jeune homme de 18 ans, transféré au service des grands brûlés de l’hôpital universitaire de Zurich (USZ), qui semblait initialement présenter les meilleures chances de survie. Pourtant, selon le média suisse Inside Paradeplatz, il a succombé non pas à ses brûlures, mais à une infection bactérienne contractée à l’hôpital.

Une bactérie résistante dans les hôpitaux

Le jeune patient a été contaminé par une bactérie nosocomiale appelée Acinetobacter baumannii, très présente dans les établissements de santé. Selon un porte-parole de l’USZ, "nous avons deux patients de Crans-Montana atteints d’une infection à Acinetobacter baumannii résistante aux antibiotiques, dont le patient décédé". L’hôpital précise que la bactérie "réapparaît malheureusement fréquemment en lien avec les soins prodigués aux grands brûlés". Cette infection n’est pas anodine : elle peut diviser par deux les chances de survie d’un patient brûlé, comme le souligne la presse suisse.

Ce n’est pas un hasard si les unités de soins intensifs pour grands brûlés sont souvent touchées par ce type de contamination. En effet, les patients y sont particulièrement vulnérables : privés de leur barrière cutanée naturelle, ils deviennent des proies idéales pour des bactéries opportunistes comme Acinetobacter baumannii mais aussi Pseudomonas aeruginosa. Cette dernière est d’ailleurs classée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) parmi les pathogènes les plus dangereux pour la santé, nécessitant d’urgence de nouveaux traitements. L’université de Genève explique que "cette bactérie redoutable est responsable de divers types d’infections aiguës ou chroniques potentiellement létales".

Des efforts de prévention en cours

Conscient de la gravité de la situation, l’hôpital universitaire de Zurich affirme avoir réussi à "prévenir de nouvelles transmissions [d'Acinetobacter baumannii] au cours des quatre dernières semaines". Pourtant, le problème n’est pas nouveau : l’établissement avait déjà été confronté à la même bactérie en 2022, mais cette information n’a été rendue publique qu’en 2024. Toujours est-il qu'il s’agit là d’un véritable défi pour les équipes médicales, qui doivent conjuguer soins intensifs et lutte contre les infections dans un contexte où les bactéries résistent de plus en plus aux traitements.

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