- Des chercheurs ont identifié une molécule capable de bloquer AVIL, un gène clé du glioblastome.
- AVIL code une protéine dont l’activité est essentielle à la survie et à la propagation des cellules de glioblastome.
- La molécule cible cette protéine essentielle aux cellules du glioblastome.
Chaque année, quelque 3.500 nouveaux cas de glioblastome sont diagnostiqués en France, selon la Fondation pour la recherche sur le cancer (Arc). Il s'agit d’une forme très agressive de tumeur cérébrale car, malgré les traitements, 95% des patients rechutent et seulement 5 % d’entre eux survivent à 5 ans.
Bloquer l’activité d’un gène pour bloquer la propagation des tumeurs
Des chercheurs américains du UVA Comprehensive Cancer Center ont découvert une molécule qui pourrait tout changer. Dans leur étude, publiée dans la revue Science Translational Medicine, ils ont montré que cette molécule était capable de bloquer l’activité d’AVIL, un gène clé du glioblastome. AVIL code une protéine dont l’activité est essentielle à la survie et à la propagation des cellules de glioblastome.
“La nouveauté réside dans le fait que nous ciblons une protéine essentielle aux cellules du glioblastome, et ce, grâce à une petite molécule présentant une activité in vivo avérée, explique Hui Li, l’un des auteurs, dans un communiqué. À notre connaissance, cette voie n'a jamais été exploitée à des fins thérapeutiques.”
En 2020, en laboratoire, les chercheurs ont d’abord découvert que le blocage de l’activité du gène AVIL pouvait complètement détruire les cellules de glioblastome, sans affecter les cellules saines. Néanmoins, la technique utilisée à cette époque n’était pas applicable chez l'Homme.
Une molécule pouvant être administrée par voie orale
Pendant cinq ans, ils ont testé plusieurs composés et molécules jusqu’à identifier celle capable de neutraliser les effets néfastes du gène AVIL. Celle retenue ne cible que les cellules tumorales et épargne les tissus cérébraux sains. Autre avantage : cette molécule peut franchir la barrière hémato-encéphalique, barrière qui empêche l'accès à de nombreux traitements potentiels des maladies neurologiques. Chez l’Homme, les scientifiques estiment que la molécule pourrait être administrée par voie orale. Mais avant cela, des recherches supplémentaires devront être menées.
“Les patients atteints de glioblastome ont un besoin urgent de meilleures options thérapeutiques, souligne Hui Li. Les traitements standards n'ont pas fondamentalement évolué depuis des décennies et le taux de survie reste très faible. Notre objectif est d'introduire en clinique un mécanisme d'action entièrement nouveau, ciblant une vulnérabilité fondamentale de la biologie du glioblastome.”


