L’incendie d’un bar dans la station de ski suisse de Crans-Montana a fait 40 morts et 119 blessés, dans la nuit du 31 décembre. Lors d’une conférence de presse, Mathias Reynard, président du canton de Valais, a annoncé qu’une cinquantaine de personnes ont été transférées, ou le seront prochainement, vers des centres spécialisés pour les grands brûlés situés dans d’autres pays.
Grands brûlés : des blessés transférés vers des centres spécialisés
"Les grands brûlés ont besoin de soins médicaux hautement spécialisés", précise l’Office fédéral de la protection de la population, dans un communiqué. L’organisme suisse indique que des premiers soins d’urgence ont été réalisés dans des hôpitaux suisses. "En raison du nombre important de patients souffrant de brûlures graves après le drame de Crans-Montana et compte tenu de la durée du traitement, qui devrait s’étendre sur plusieurs mois, la Suisse ne dispose cependant pas des capacités nécessaires pour une prise en charge sur le long terme", prévient-il.
Dans le journal suisse Le Temps, le Dr Olivier Pantet, médecin adjoint du Service des soins intensifs adultes au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), précise que les grands brûlés ont besoin d’une prise en charge "complexe, intense et longue". "Il faut compter trois mois de prise en charge en unité de soins intensifs lorsque 60 % de la peau est brûlée", souligne-t-il. Dans cet hôpital, 22 blessés ont été accueillis : tous sont gravement brûlés.
Grands brûlés : une prise en charge en plusieurs étapes
Prendre en charge leurs différentes blessures est un processus complexe. "Il commence par la réanimation respiratoire, puis la réanimation vasculaire, suivie d’un bilan ORL, d’une évaluation de la surface et de la profondeur de la peau brûlée, explique le Anthony De Buys, médecin-chef de l’unité de chirurgie pédiatrique au CHUV, dans l’article du média suisse. Ensuite, des examens oculaires sont effectués." Lors de l’arrivée de ces patients dans les services hospitaliers, l’urgence est de prendre en charge les problèmes respiratoires, liés aux fumées inhalées lors de l’incendie. Ces dernières sont toxiques, en raison du monoxyde de carbone et du cyanure qu’elles contiennent.
Ensuite, les professionnels de santé doivent surveiller la circulation du sang. "Au début, les grands brûlés vont relativement bien, puis leur état se dégrade, développe Anthony De Buys. Ils se mettent à gonfler. On doit leur administrer beaucoup de liquides pour compenser l’assèchement dû aux brûlures." Cela peut engendrer des oedèmes importants. Selon ces spécialistes, quatre jours après les brûlures, les médecins peuvent commencer à évaluer les dégâts cutanés.
Sur BFMTV, le Pr Maurice Mimoun, chirurgien spécialiste des brûlés à l'hôpital Trousseau à Paris, souligne que la peau morte est un terrain pour les microbes. "La peau morte brûlée s'infecte et intoxique le patient lui-même donc il faut l'enlever au plus vite, détaille-t-il. On va donc traiter l'infection avec des antibiotiques, mais aussi l'excision de la peau morte." Cette opération est particulièrement délicate dans les cas de brûlures étendues.
Brûlures : des greffes de peau complexes
Ensuite, les patients pourront recevoir des greffes de peau. "S'ils sont brûlés à 20 ou 30 % et ce sont des jeunes, on a toute la peau ailleurs pour prélever et la remettre sur le patient, indique le Pr Mimoun. C'est comme une graine qu'on met dans la terre et ça va repousser. (…) Si les patients sont brûlés à 80 ou 90 % c'est beaucoup plus difficile parce qu'on n'a pas de réservoir de peau personnelle." Dans ce cas, plusieurs techniques peuvent être utilisées, dont les peaux artificielles, créées à partir de dermes d’animaux. "Cela fait vingt-cinq ans que je m’occupe de grands brûlés, indique le Pr De Buys au Temps. Dès qu’ils sont sortis d’affaire, ils peuvent avoir une bonne qualité de vie." Mais il rappelle que la guérison est longue : la cicatrisation des plaies prend plusieurs années.



