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Psychologie

Comment repérer une phobie scolaire naissante ?

Repérer une phobie scolaire naissante, c’est savoir entendre les signaux faibles avant qu’ils ne se transforment en rupture.

Comment repérer une phobie scolaire naissante ? iStock/AMphotography




L'ESSENTIEL
  • Il est important de repérer les signes de phobie scolaire avant que ce problème génère de l'absentéisme.
  • Maux de ventre, nausées, fatigue le matin sont des symptômes qui peuvent alerter sur une phobie scolaire.
  • Pour gérer ce refus d'aller en classe, les parents doivent d'abord faire preuve de compréhension et éventuellement consulter un professionnel.

La phobie scolaire, aussi appelée refus scolaire anxieux, reste souvent mal comprise. On l’imagine comme un refus brutal d’aller en classe, alors qu’il s’agit le plus souvent d’un processus progressif. Repérer une phobie scolaire naissante passe par une attention portée sur les changements, pour agir éventuellement avant la rupture.

Quand le corps devient le premier messager

Très fréquemment, le corps exprime ce que l’enfant ne parvient pas encore à verbaliser : des maux de ventre répétés le matin, des nausées, des maux de tête ou une fatigue inexpliquée, en particulier avant le départ à l’école ou le dimanche soir, doivent alerter. Même s’ils peuvent avoir tendance à disparaître pendant les week-ends ou les vacances, ils n’en sont pas moins bien réels et traduisent une anxiété profonde.

Progressivement, des troubles du sommeil peuvent également s’installer, avec des difficultés d’endormissement ou des cauchemars liés à l’école. Lorsque les matins deviennent de plus en plus difficiles, marqués par une lenteur inhabituelle ou une agitation fébrile, cela peut indiquer que se rendre en classe est devenu émotionnellement éprouvant.

Un glissement émotionnel et comportemental progressif

Au-delà des manifestations physiques, le comportement et l’humeur de l’enfant peuvent évoluer subtilement. Un enfant auparavant enthousiaste peut devenir irritable, triste ou plus silencieux, sans raison apparente. Certains se replient sur eux-mêmes, abandonnent des activités qu’ils aimaient ou deviennent hypersensibles aux remarques des adultes et des camarades.

D’autres enfants ou adolescents développent un perfectionnisme excessif, passant des heures sur leurs devoirs par peur de l’erreur, tandis que certains se désinvestissent progressivement du travail scolaire. Ces changements ne relèvent ni de la paresse ni de l’opposition, mais constituent souvent des stratégies de protection face à une situation vécue comme menaçante ou épuisante.

Créer un climat de sécurité par le dialogue et le soutien

Face à ces signaux précoces, la réponse des adultes est déterminante : ouvrir le dialogue en partageant ses observations avec douceur permet à l’enfant de se sentir compris. Dans ce type de circonstance, reconnaître son ressenti ne veut pas dire l’encourager à éviter l’école, mais au contraire lui montrer qu’il n’est pas seul.

Chercher à comprendre quels moments ou quelles situations sont difficiles peut l’aider à dédramatiser et à trouver les ajustements nécessaires, en lien avec l’équipe éducative si nécessaire. Quand l’anxiété devient trop envahissante, ou que le jeune ne veut pas se confier, consulter un professionnel peut être une aide précieuse, à condition de le présenter comme un soutien et non comme une sanction.

En savoir plus : "Comprendre et soigner le refus scolaire anxieux" de Marie Gallé-Tessonneau et Laetizia Dahéron.

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