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Fertilité

Pourquoi le premier “bébé de l’espace” n’est pas près de naître

Une nouvelle étude alerte : l’espace n’est pas un environnement favorable à la santé reproductive humaine et présente des risques encore mal connus pour les astronautes.

Pourquoi le premier “bébé de l’espace” n’est pas près de naître Lidiia Moor/iStock




L'ESSENTIEL
  • L’espace est un environnement hostile pour la reproduction humaine et ses effets sur la fertilité restent mal connus, selon une nouvelle étude.
  • Selon de précédentes études, une exposition même de courte durée aux radiations perturbe les cycles menstruels féminins et augmente le risque de cancers.
  • Les scientifiques réclament des lignes directrices éthiques claires pour protéger les astronautes.

Alors que les vols spatiaux se multiplient et que la durée des missions augmente, des chercheurs estiment que la question de la santé reproductive dans l’espace urge. Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue Reproductive Biomedicine Online, ils alertent sur les risques encore mal connus de cet environnement sur la santé reproductive des astronautes.

L’espace, un environnement hostile pour la santé reproductive humaine

Il y a plus de 50 ans, deux percées scientifiques majeures ont bouleversé les conceptions biologiques et physiques du possible : le premier pas sur la Lune et la première preuve de fécondation in vitro, explique Giles Palmer, l’un des auteurs, dans un communiqué. Aujourd’hui, plus d’un demi-siècle plus tard, nous soutenons dans ce rapport que ces deux révolutions, autrefois distinctes, convergent vers une réalité concrète encore peu explorée : l’espace devient un lieu de travail et une destination, tandis que les techniques de procréation médicalement assistée sont désormais très avancées, de plus en plus automatisées et largement accessibles.

Dans cette étude, les chercheurs font le point sur les risques liés à la santé reproductive dans l’espace déjà identifiés par la science et alertent surtout sur les inconnues. “Un astronaute dans l’ISS (International Space Station) reçoit en moyenne une dose de rayonnement de 5 milliSievert [mSv, qui mesure effets biologiques des rayonnements sur un organisme] par semaine, ce qui correspond à la dose annuelle que nous recevons sur terre, indique Forum Nucléaire Belge. Autre comparaison : en 4 semaines, il absorbe 20 mSv, ce qui correspond à la limite annuelle autorisée pour les travailleurs du secteur nucléaire.” Pourtant, d'après de précédentes études menées sur des modèles animaux, une exposition même de courte durée aux radiations perturbe les cycles menstruels féminins et augmente le risque de cancers. Il pourrait donc aussi y avoir un impact sur la fertilité mais, pour l’instant, aucun travaux n’a exploré cette question.

Les auteurs réclament des directives claires

En ce qui concerne l’impact du temps passé dans l'espace, les chercheurs évoquent de précédents travaux menés auprès des femmes astronautes lors des missions de la navette spatiale. Les résultats montrent que les taux de grossesses et de complications ultérieures sont comparables à ceux des femmes du même âge sur Terre. Néanmoins, les scientifiques  soulignent l'absence de travaux sur de plus longues missions, qui sont désormais courantes. 

La grossesse reste pour l’instant une contre-indication aux vols spatiaux, mais cela ne suffit pas à protéger les astronautes de l’impact de ces missions sur leur santé reproductive. “À mesure que la présence humaine dans l'espace s'étend, la santé reproductive ne peut plus rester un angle mort, déclare le Dr Fathi Karouia, auteur principal de l'étude et chercheur à la NASA. Une collaboration internationale est indispensable pour combler les lacunes en matière de connaissances et établir des lignes directrices éthiques qui protègent les astronautes, professionnels comme privés, et, en fin de compte, préservent l'humanité alors que nous nous dirigeons vers une présence durable au-delà de la Terre.

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