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Métal lourd

Cadmium dans l’alimentation : une loi pour limiter l’exposition

Le cadmium, un métal lourd classé cancérogène, s'invite dans des aliments comme le pain, le riz ou les pâtes. Les députés viennent d’adopter une loi pour réduire sa présence dans les engrais agricoles.

Cadmium dans l’alimentation : une loi pour limiter l’exposition dimitris_k / istock




L'ESSENTIEL
  • Le cadmium présent dans certains engrais contamine les sols et l'alimentation.
  • Près d'un adulte français sur deux serait exposé à des niveaux jugés trop élevés par l'Anses.
  • Les députés ont adopté une loi prévoyant une baisse accélérée du cadmium dans les engrais phosphatés.

Présent dans certains engrais agricoles, le cadmium contamine progressivement les sols et une partie de notre alimentation. Face à une exposition jugée préoccupante par les autorités sanitaires, les députés ont adopté, mercredi 3 juin, une loi visant à accélérer la réduction de ce métal lourd dans l'agriculture.

Une loi pour réduire la contamination des sols

Pain, pâtes, riz ou pommes de terre : ces aliments du quotidien sont aussi les principales sources d'exposition alimentaire au cadmium en France. Selon une étude publiée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) en mars 2026, près d'un adulte français sur deux présente une exposition supérieure aux valeurs toxicologiques de référence. Une situation que l'agence considère comme exceptionnelle à l'échelle européenne. Or, le cadmium est classé cancérogène et peut, en cas d'exposition prolongée, provoquer des atteintes rénales, une fragilité osseuse, des troubles pulmonaires ou encore affecter le pancréas.

Face à cette situation, l'Assemblée nationale a adopté, en première lecture, une proposition de loi portée par le député écologiste Benoît Biteau et soutenue notamment par Clémentine Autain. Le texte a été approuvé par 144 voix contre 22. Son objectif est de réduire la quantité de cadmium autorisée dans les engrais phosphatés. Actuellement, la France bénéficie d'une dérogation lui permettant d'utiliser des engrais contenant jusqu'à 90 mg de cadmium par kilogramme, alors que la réglementation européenne fixe un plafond de 60 mg/kg. Le texte prévoit un abaissement à 40 mg/kg dès 2027 puis à 20 mg/kg en 2030. Une trajectoire plus rapide que celle envisagée par le gouvernement.

Dans l'hémicycle, le député Benoît Biteau a déclaré : "Merci à tous les scientifiques qui nous ont éclairés [...]. Merci aux militants des ONG qui nous ont aidés à alerter l'opinion publique."

Désaccord sur le rythme de la baisse

Si le gouvernement partage l'objectif de réduction de l'exposition, il conteste le calendrier retenu. Le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a reconnu une "surimprégnation de la population française au cadmium par rapport à nos voisins européens". Il a toutefois estimé que "le rythme de la baisse, tel que voté aujourd'hui par la représentation nationale, n'est pas réaliste" et pourrait mettre "à mal notre souveraineté alimentaire".

La France importe en effet la quasi-totalité de ses engrais phosphatés. Une partie importante provient du Maroc, dont les gisements sont naturellement plus riches en cadmium. D'autres pays européens privilégient davantage des sources moins contaminées.

Le texte doit désormais poursuivre son parcours législatif au Sénat, avant de repasser devant l’Assemblée nationale.

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