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Pédiatrie

Méningite chez les nouveaux-nés : une technique pour désactiver l’agent pathogène chez la mère

Des chercheurs ont mis au point une nouvelle stratégie thérapeutique pour éviter la transmission mère-enfant de la souche K1 de la bactérie Escherichia coli, responsable de méningites néonatales.

Méningite chez les nouveaux-nés : une technique pour désactiver l’agent pathogène chez la mère Ratchat/iStock




L'ESSENTIEL
  • La méningite néonatale est une infection très grave chez les nouveau-nés, associée à une forte mortalité.
  • Des chercheurs ont mis au point une stratégie thérapeutique pour empêcher la transmission de la souche K1 de la bactérie Escherichia coli, responsable de méningites néonatales.
  • Testée chez la souris, cette méthode a réduit la transmission de 83 % à 23 %.

Les nouveau-nés développent 30 fois plus fréquemment une méningite que la population générale, selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Chez les bébés, la principale responsable de cette infection est la souche K1 de la bactérie Escherichia coli (E. coli). Si cette bactérie est présente dans la flore intestinale de la mère, elle peut être transmise à l’enfant lors de l’accouchement

Éliminer la bactérie Escherichia coli chez la mère pour éviter la transmission

Chez les adultes dont le système immunitaire fonctionne normalement, E. coli ne provoque généralement pas de troubles. En revanche, les bébés qui sont contaminés peuvent développer une méningite. Cette maladie est très dangereuse pour cette population, notamment chez les prématurés, car elle est associée à une forte mortalité ou à de lourdes séquelles… Tout l’enjeu est donc de prévenir la contamination mère-enfant.

C’est sur ce sujet qu’ont travaillé des chercheurs de l’ETH Zurich et de l’Université de Bâle, toutes deux situées en Suisse. Ils ont mis au point une thérapie pour prévenir la transmission de cette bactérie aux nouveau-nés et ce, sans recourir aux antibiotiques. Pour cela, ils ont cherché à éliminer la bactérie dans l’intestin de ma mère avant l’accouchement.

Les auteurs se sont servis d’une thérapie en deux étapes, qu’ils avaient mis au point lors de précédents travaux. Celle-ci comporte deux étapes : 

  • une vaccination orale qui affaiblit la bactérie pathogène ;
  • une dose de microbes inoffensifs pour la mère mais qui détruisent E. coli. 

Lors d'expériences sur des souris, les chercheurs ont démontré que ces deux premières étapes permettaient d'éliminer certaines souches d'E. coli dans l'intestin.

Mais à ce stade, la souche K1 d'E. coli résistait encore à la vaccination. Pour résoudre ce problème, les auteurs ont donc ajouter un troisième élément à leur thérapie : les bactériophages, aussi appelés phages, qui se fixent à la couche protectrice de la souche K1 d’E. coli pour l’infecter et la détruire.

Trois fois moins d’infections avec le traitement

Forts de ce nouvel ingrédient, les chercheurs ont à nouveau testé leur thérapie sur des souris. Cette fois, elles comprenait trois étapes : 

  • Étape 1 : les phages pour enlever la couche protectrice aux bactéries d’E. coli.
  • Étape 2 : le vaccin pour les affaiblir
  • Étape 3 : les microbes pour les détruire. 

Résultats : avec cette thérapie, la bactérie a infecté 23 % des jeunes souris, contre 83 % dans le groupe non traité.

Dans un monde où les antibiotiques efficaces sont de plus en plus rares, nous avons besoin de nouvelles approches thérapeutiques, explique Emma Slack, l’une des auteures, dans un communiqué. Les bactéries comme E. coli K1 sont difficiles à combattre. Notre approche est potentiellement la seule qui permette de lutter contre ce pathogène et d'autres sans antibiotiques.” D’autres recherches seront nécessaires avant une éventuelle mise sur le marché.

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