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Absentéisme

Santé mentale post-Covid : les cadres en tête pour les arrêts de travail

L'absentéisme dans le secteur privé a bondi de 25,5 % depuis 2019. Portée par l'augmentation des troubles de santé mentale et des arrêts maladie de longue durée, cette tendance touche particulièrement les cadres et les jeunes salariés.

Santé mentale post-Covid : les cadres en tête pour les arrêts de travail HJBC / istock




L'ESSENTIEL
  • L'absentéisme dans le privé a augmenté de 25,5 % depuis 2019.
  • Les cadres enregistrent la plus forte progression des arrêts maladie.
  • La santé mentale est désormais la première cause des arrêts longs.

Six ans après le début de la crise du Covid-19, les arrêts maladie restent à un niveau inédit dans le secteur privé. Plus préoccupant encore, la santé mentale est désormais devenue la première cause des arrêts de longue durée, révélant un malaise persistant dans le monde du travail. C'est le constat dressé par une étude de Malakoff Humanis publiée le 9 juin. Celle-ci s'appuie sur un baromètre réalisé par l'Ifop auprès de 3.000 salariés, sur l'analyse des arrêts déclarés par ses 3,8 millions de clients, ainsi que sur le suivi médical de 300.000 arrêts longs.

Une hausse durable de l’absentéisme depuis la crise sanitaire

Les chiffres témoignent d'un changement profond : entre 2019 et 2025, le taux d'absentéisme dans le secteur privé a augmenté de 25,5 %, pour atteindre 4,3 %. Selon l'étude, "les niveaux pré-Covid [...] sont durablement derrière nous". Les auteurs soulignent également que "la rupture intervenue en 2020 n'a pas été suivie d'un retour à la normale" et qu'au contraire, "la norme s'est établie plus haut".

Les cadres, qui ont longtemps été moins exposés que les autres salariés, connaissent aujourd'hui la plus forte progression en matière d'absentéisme. Entre 2019 et 2025, leur taux d'absence a ainsi bondi de 35,2 %. Même s'il reste près de deux fois inférieur à celui des non-cadres, il augmente plus vite. En cause : la hausse de la durée moyenne des arrêts maladie des cadres, qui atteint désormais 20,2 jours contre 16,4 en 2019. Chez les salariés seniors, les arrêts s’allongent également "sous l'effet du vieillissement de la population active".

La santé mentale, premier motif d’arrêt long

L'enseignement le plus marquant de l'étude concerne les causes des arrêts maladie de longue durée. Devant les troubles musculosquelettiques et les accidents, les pathologies liées à la santé mentale (dépression et burn-out en particulier) constituent désormais le premier motif (37,8 %) des arrêts de plus de 30 jours.

Chez les jeunes salariés, qui apparaissent particulièrement vulnérables, on observe même un phénomène de "polyabsentéisme" : les moins de 30 ans sont proportionnellement plus nombreux que les autres à s'arrêter au moins trois fois dans l'année. Ces absences répétées seraient le signe, selon l'étude, "d'un rapport au travail qui se construit sur des bases fragilisées".

Mieux prévenir l’absentéisme

L'enquête met enfin en lumière un paradoxe. Alors que 63 % des entreprises se disent préoccupées par l'absentéisme, 55 % n'ont mis en place aucune mesure spécifique pour y répondre. Malakoff Humanis recommande notamment de renforcer la prévention, d'améliorer l'accompagnement psychologique, ou encore de faciliter le retour au travail grâce à des aménagements de poste ou des temps partiels thérapeutiques.

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