- L’EMA autorise la mise sur le marché du Cenrifki (tolébrutinib), qui cible la sclérose en plaques secondairement progressive sans poussées récentes (une phase de la maladie où le handicap s’aggrave progressivement et pour laquelle les options thérapeutiques sont limitées.)
- Ce médicament "inhibe l’activation des lymphocytes B, des macrophages et de la microglie dans le système nerveux périphérique et central."
- En clair, il réduit de 31 % du risque de progression confirmée du handicap à 6 mois et diminue de 38 % les nouvelles lésions cérébrales visibles à l’IRM.
Et si un tournant historique se dessinait enfin contre la sclérose en plaques ? Le 23 avril 2026, l'Agence européenne des médicaments a approuvé la mise sur le marché d'un médicament, appelé Cenrifki, contre la forme progressive de cette maladie handicapante qui touche 120.000 Français. Mis au point par Sanofi, le traitement en question contient une substance active : le tolebrutinib, à savoir un immunosuppresseur sélectif, plus précisément un inhibiteur de la tyrosine kinase de Bruton. "Le mécanisme exact par lequel le tolebrutinib exerce son effet thérapeutique dans la sclérose en plaques n’est pas entièrement élucidé. Il est admis qu’il inhibe l’activation des lymphocytes B, des macrophages et de la microglie dans le système nerveux périphérique et central", peut-on lire dans le communiqué des autorités sanitaires européennes.
SEP : 31 % moins de risque de voir leur handicap s'aggraver durablement
Avant d’obtenir cette approbation, le traitement a été testé dans le cadre d’une étude, consultée par FranceInfo, menée par le réseau de recherche clinique FCRIN4MS auprès de 25 patients. "Pour la première fois, on est à peu près certains que ces médicaments passent dans le cerveau et agissent sur ces lésions chroniques qui sont en partie responsables de la progression de la maladie sur le long terme", a déclaré, au média, Jérôme De Sèze, chef du service de neurologie du CHU de Strasbourg, qui a dirigé les travaux.
Selon l'Agence européenne des médicaments, le Cenrifki réduit de 31 % le risque de progression confirmée du handicap à 6 mois et diminue de 38 % le nombre moyen de nouvelles lésions visibles sur les IRM cérébrales ou médullaires, par rapport au placebo. Des bénéfices vantés par Hélène qui a participé à l’étude et a testé le médicament pendant deux ans. "Mon état s'améliore grandement. Je viens de faire un séjour aux États-Unis où j'ai pu faire de la randonnée. C'est juste miraculeux. Aujourd'hui, je me considère comme un phénix", a-t-elle confié à FranceInfo.
Côté effets secondaires, les plus fréquents étaient les infections, les pétéchies (petites taches rouges ou violacées liées à des micro-saignements sous la peau), une tendance accrue aux ecchymoses, des saignements menstruels abondants, des douleurs abdominales, des contusions et une augmentation des enzymes hépatiques. "L'effet indésirable le plus préoccupant est l'atteinte hépatique d'origine médicamenteuse", soulignent les autorités sanitaires européennes.
SEP : qui pourra réellement bénéficier de ce nouveau traitement ?
D’après l’agence, le Cenrifki est indiqué pour les personnes atteintes de sclérose en plaques progressive secondaire sans poussée au cours des deux dernières années. Ce médicament, qui sera disponible sous forme de comprimés pelliculés de 60 mg, doit être prescrit par des médecins expérimentés dans le traitement de la sclérose en plaques. "Des recommandations détaillées concernant l’utilisation de ce produit seront décrites dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP), qui sera publié sur le site internet de l’EMA dans toutes les langues officielles de l’Union européenne après l’octroi de l’autorisation de mise sur le marché par la Commission européenne", a-t-elle précisé.



