- L'irisine est une hormone produite par les muscles lors d’une activité physique.
- Une étude chez la souris montre que l’irisine réduit les symptômes de la sclérose en plaques.
- Les chercheurs ont aussi observé un effet protecteur sur les neurones dans plusieurs zones du système nerveux central.
En France, 120 000 personnes sont atteintes de sclérose en plaques (SEP), selon le ministère de la Santé . Cette maladie auto-immune affecte le système nerveux central et provoque plusieurs perturbations, notamment motrices, cognitives et visuelles. D'après l' Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), il s'agit de la première cause de handicap sévère non traumatique chez les jeunes adultes. Pourtant, actuellement, il n’existe pas de traitement curatif de cette pathologie.
L'irisine protège les neurones de la dégénérescence induite par la maladie
Mais une nouvelle étude pourrait avoir identifié une piste prometteuse : l'irisine, une hormone produite par les muscles lors d'une activité physique. Dans leurs travaux, publiés dans la revue Nature Metabolism , des chercheurs l'ont testé sur des souris et ont mis en évidence deux effets bénéfiques sur la SEP.
Dans leur expérience, les scientifiques ont étudié des souris dépourvues d'irisine et atteintes de SEP. Lorsqu'ils ont administré l'hormone, ils ont observé une diminution des symptômes cliniques de la maladie, notamment des troubles moteurs. Mais ce n'est pas tout, l'hormone du sport aurait aussi un effet protecteur. Dans trois zones du système nerveux central - la rétine, la moelle épinière et l'hippocampe -, les scientifiques ont observé que l'irisine préservait les neurones de la dégénérescence induite par la maladie.
" Ce qui est particulièrement intéressant, c'est de constater qu'une molécule produite par l'organisme lors de l'exercice physique peut protéger directement les neurones dans un modèle murin de sclérose en plaques, explique Sina C. Rosenkranz, premier auteur de l'étude, dans un communiqué . Cela révèle un mécanisme totalement inédit par lequel l'activité physique pourrait agir sur la neurodégénérescence associée à la maladie. "
L'irisine améliore les symptômes de la sclérose en plaques
Déjà recommandée aux personnes atteintes de SEP, l'activité physique est reconnue pour ses effets bénéfiques sur plusieurs symptômes de la maladie : fatigue, douleurs, mobilité et équilibre, selon la Haute autorité de santé (HAS). Cette étude ajoute donc une nouvelle vertu à l'irisine : un possible rôle neuroprotecteur.
" Nous sommes optimistes quant au fait que notre étude ouvre la voie à de nouveaux développements thérapeutiques pour l'irisine, notamment dans le traitement de la sclérose en plaques progressives, explique Christiane D. Wrann, principale auteure de l'étude. Nos résultats confortent l'hypothèse selon laquelle l'irisine peut contribuer à protéger les neurones dans le contexte de plusieurs types de maladies neurodégénératives. "



