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Cancer de la vessie : ce capteur est 180 fois plus sensible que les dépistages traditionnels

Des chercheurs du MIT ont développé une nouvelle méthode de détection et suivi du cancer de la vessie.

Cancer de la vessie : ce capteur est 180 fois plus sensible que les dépistages traditionnels




L'ESSENTIEL
  • Si le cancer de la vessie se soigne bien, son taux de récidive est élevé.
  • Des chercheurs du MIT ont développé un capteur qui pourrait faciliter le dépistage et le suivi des patients.
  • Ce nouveau de mode de détection des tumeurs de la vessie est 180 plus sensible que le dépistage urinaire.

Si le cancer de la vessie se soigne plutôt bien quand il est pris à temps, il présente des risques plutôt élevés lorsqu’il s’agit d’une tumeur non infiltrant le muscle. Environ 50 à 70 % des malades auront une nouvelle tumeur dans les 5 ans. C’est pourquoi le suivi des patients est essentiel.

Des chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) ont développé un nouveau capteur qui pourrait permettre de détecter plus tôt les récidives tumorales. Il est près de 180 fois plus sensible que l’analyse d’urine, la méthode utilisée pour le suivi du cancer de la vessie.

Une sonde urinaire équipée de microscopique capteurs chimiques

La nouvelle méthode de dépistage, présentée dans la revue Nature Nanotechnology, repose sur une sonde urinaire recouverte de nanocapteurs en carbone. Ces derniers émettent une fluorescence sous l’effet d’un faisceau laser. Sa longueur d’onde et son intensité varient au contact de certaines molécules. Dans le cas présent, ils réagissent à une protéine appelée protéine de la matrice nucléaire 22 (NMP-22), connue pour être un biomarqueur du cancer de la vessie.

Le faisceau laser est émis grâce à une lentille sphérique placée à l’extrémité de la sonde. "En analysant la couleur et la localisation de ces signaux fluorescents, les chercheurs peuvent cartographier l'emplacement de tout biomarqueur détecté. Ces images chimiques peuvent révéler non seulement la présence du biomarqueur, mais aussi, la localisation des cellules cancéreuses", expliquent les scientifiques dans leur communiqué.

Michael Strano, professeur de génie chimique, qui a mis au point le dispositif, ajoute : "C’est comme une caméra pour les molécules au lieu de la lumière. Avec un milliard de nanocapteurs disposés en réseau, on peut créer une image chimique qui permet de localiser leur origine."

"Avant qu’une tumeur à un stade précoce ne perce l’urothélium et ne devienne visible, elle reste sous la surface tout en émettant des signaux chimiques qui peuvent être visualisés. Lorsqu’une substance chimique entre en contact avec le cathéter, nous ne nous contentons pas de détecter sa présence ; nous obtenons une cartographie qui localise précisément la tumeur", ajoute l’expert.

Cancer de la vessie : une méthode de détection 180 fois plus sensible que le test urinaire

La sonde urinaire transformée en capteur à cancer de la vessie a été testée auprès d’animaux. Résultat : ce nouveau mode de détection des tumeurs s’est révélé être 180 fois plus sensible qu'une analyse d'urine classique. Il a détecté "les biomarqueurs directement là où ils sont produits dans la vessie, au lieu de les mesurer ultérieurement dans des fluides dilués comme l'urine, où leur concentration est beaucoup plus faible". Selon les chercheurs, leur appareil serait capable de repérer des signaux provenant d'une tumeur d'à peine 16 millimètres carrés.

"Ce que nous recherchons, c'est une méthode de détection plus rapide et plus efficace. Elle pourrait être utilisée directement au cabinet médical et permettrait un dépistage plus efficient, moins invasif et beaucoup moins coûteux. L'objectif est de pouvoir détecter les tumeurs potentielles beaucoup plus tôt", indique le Pr Strano. Et pour les chercheurs, le dépistage du cancer de la vessie ne pourrait être qu’une première. Ils avancent que les capteurs pourraient être utilisés pour détecter d’autres maladies s’ils étaient placés sur d’autres cathéters.

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