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QUESTION D'ACTU

Microbiote

Ce que les étiquettes alimentaires ne disent pas sur votre digestion

Des chercheurs ont mis au point un modèle capable d’intégrer le rôle du microbiote dans l’absorption des calories. Une avancée qui pourrait transformer notre compréhension de l’obésité et des régimes alimentaires.

Ce que les étiquettes alimentaires ne disent pas sur votre digestion asiandelight / istock




L'ESSENTIEL
  • Des chercheurs américains ont développé un modèle qui intègre le rôle du microbiote dans la digestion.
  • Les bactéries intestinales influencent la quantité réelle de calories absorbées.
  • Cette découverte pourrait ouvrir la voie à des régimes alimentaires personnalisés.

Compter les calories semble simple : un chiffre affiché sur une étiquette alimentaire, quelques calculs, et le tour est joué. Pourtant, dans notre organisme, la réalité est bien plus complexe. Des chercheurs américains viennent de montrer que notre microbiote intestinal joue un rôle clé dans la quantité réelle d’énergie absorbée par le corps. Leur étude a été publiée dans la revue PLOS One.

Le microbiote, acteur caché de la digestion

Depuis plus d’un siècle, le calcul des calories est basé sur les quantités de protéines, glucides et lipides, mais cette méthode ignore l’action du microbiote, notamment la fermentation des fibres. Des scientifiques de l’Arizona State University ont développé un nouveau modèle mathématique baptisé DAMM, pour "Digestion, Absorption and Microbial Metabolism". Ce modèle suit le parcours des aliments dans l’appareil digestif afin d’estimer non seulement ce que l’organisme absorbe directement, mais aussi ce que les bactéries intestinales transforment dans le côlon. "La digestion n’est pas seulement un processus humain : c’est une collaboration entre notre corps et des milliers de milliards de microbes vivant dans l’intestin", explique la professeure Rosa Krajmalnik-Brown, co-autrice des travaux, dans un communiqué.

Pour tester leur modèle, les chercheurs se sont appuyés sur une étude clinique comparant deux régimes : un régime riche en fibres et amidons résistants, et un régime occidental plus transformé et pauvre en fibres. Résultat : les participants suivant le régime occidental absorbaient environ 116 calories de plus par jour que ceux consommant davantage de fibres. Pourtant, ces derniers ne ressentaient pas plus de faim. Le modèle DAMM montre que les bactéries intestinales produisent des acides gras à chaîne courte lors de la fermentation des fibres. Ces molécules peuvent ensuite être absorbées par l’organisme et fournir de l’énergie supplémentaire. Selon les chercheurs, environ 15 % de l’énergie totale absorbée dépendrait de cette activité microbienne dans le bas de l’intestin.

Vers une nutrition plus personnalisée ?

Au-delà du simple calcul calorique, ce modèle pourrait aider à mieux comprendre l’obésité, le diabète ou certaines maladies métaboliques. Les scientifiques espèrent qu’il permettra un jour de proposer des régimes alimentaires personnalisés selon le fonctionnement du microbiote de chaque individu. "Le modèle DAMM est plus qu’un simple outil d’analyse alimentaire. C’est une plateforme conçue pour évoluer avec les découvertes scientifiques", conclut Taylor Davis, co-auteur.

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