- En France, 12 cas importés de chikungunya sont actuellement enregistrés.
- D’après le Professeur Pierre Marty, les symptômes de l’infection risquent de devenir durables chez les patients dont l’intensité des douleurs articulaires était en phase aiguë, ceux âgés plus de 45 ans et présentant des comorbidités.
- Le recours à des anti-douleurs et anti-inflammatoires, pour soulager les symptômes, ne permet pas de prévenir l’évolution de la maladie vers la phase chronique.
En 2025, le chikungunya, qui se transmet d’homme à homme par l’intermédiaire de moustiques tigres, a évolué de manière alarmante. En effet, le virus, présent dans 110 pays, a contaminé 445.271 personnes dans le monde, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). En France hexagonale, 1.073 cas importés et 788 cas autochtones ont été enregistrés l’an dernier, d’après Santé publique France. Cette année, 12 adultes ont attrapé cette maladie infection à l’étranger, puis sont revenus sur le territoire français et ont développé des symptômes (fièvre élevée, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires, fatigue intense, éruption cutanée, nausées). Le dernier point de Santé publique France, publié le 27 mai, montre que les cas importés de chikungunya ont été signalés en Auvergne-Rhône-Alpes, en Bourgogne-France-Comté, en Nouvelle-Aquitaine, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Île-de-France.
Chikungunya : qui peut être concerné par des symptômes durables ?
Plusieurs études ont montré que 74 % des patients victimes du chikungunya à La Réunion l’an dernier présentaient encore des symptômes de séquelles articulaires trois après l’infection. À 6 mois, 55 % présentaient encore des douleurs articulaires, fatigue et troubles cognitifs. "Des douleurs qui miment une polyarthrite rhumatoïde." Pour certains malades, cela peut être bien plus long. Une étude datant de 2024 indiquait que 57 % des personnes touchées par la forme chronique avaient encore des séquelles 2,5 ans après.
À l’approche de l’été, notamment des vacances, le Professeur Pierre Marty, spécialiste des maladies tropicales du CHU de Nice, revient sur les facteurs de risque de chronicité face au chikungunya. "Selon la destination, on est tous vulnérables face au virus du chikungunya : l’infection est symptomatique dans 75 % des cas et peut provoquer une forte fièvre, souvent accompagnée de douleurs articulaires sévères. La forme chronique potentiellement invalidante (arthrite) peut toucher jusqu’à un tiers des personnes symptomatiques. Selon le HCSP, les facteurs de risque d’évolution vers la phase chronique sont l’intensité des symptômes articulaires en phase aiguë, l’âge de plus de 45 ans et la présence de comorbidités", explique l’expert.
Les anti-inflammatoires et les anti-douleurs ne peuvent pas "prévenir l’évolution chronique"
D’après le professeur, la prise d’anti-inflammatoires et d’anti-douleurs, qui permettent au patient de gérer les symptômes de cette pathologie ne disposant pas de traitement curatif, "ne peut pas prévenir l’évolution chronique, nécessitant pour certaines formes sévères une corticothérapie. Ces traitements - assez lourds dans le quotidien des personnes - ont souvent des conséquences à long terme. Ils peuvent impacter significativement la qualité de vie et l’activité professionnelle."
Pour éviter de contracter le chikungunya et ses potentielles séquelles, les voyageurs doivent adopter plusieurs réflexes. Afin prévenir les piqûres de moustiques, ces derniers doivent porter des vêtements couvrants (amples et légers), utiliser des répulsifs cutanés adaptés, avoir recours à des moustiquaires et éviter les eaux stagnantes sur leur lieu de résidence. Autre recommandation : s’informer sur les vaccins disponibles en prévention de la maladie.



