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QUESTION D'ACTU

Obésité

Wegovy, Mounjaro… Quels sont les effets secondaires des médicaments anti-obésité ?

Bientôt remboursés pour certaines formes d’obésité, les médicaments comme Wegovy ou Mounjaro séduisent par leur efficacité. Mais les signalements concernant leurs effets indésirables se multiplient.

Wegovy, Mounjaro… Quels sont les effets secondaires des médicaments anti-obésité ? zimmytws / istock




L'ESSENTIEL
  • Les médicaments GLP-1 contre l’obésité provoquent fréquemment des troubles digestifs.
  • Des complications plus rares, comme des pancréatites ou des atteintes de la vision, inquiètent aussi les autorités.
  • Les autorités de santé estiment néanmoins que leurs bénéfices restent supérieurs aux risques lorsqu’ils sont bien prescrits.

Nausées, vomissements, troubles digestifs sévères, voire atteintes de la vision… Les médicaments anti-obésité de la famille des GLP-1, comme Wegovy, Ozempic ou Mounjaro, promettent une perte de poids spectaculaire. Alors qu’ils seront remboursés, à partir du 11 juin, à 65 % par la Sécurité sociale pour les patients souffrant d’obésité sévère, ces traitements continuent de susciter des interrogations sur leurs effets secondaires. Les autorités sanitaires se veulent rassurantes, mais les signalements se multiplient. On fait le point.

Médicaments anti-obésité : des complications parfois très graves

Initialement développés contre le diabète de type 2, les analogues du GLP-1 agissent comme des "coupe-faim". Ils ralentissent la vidange de l’estomac, augmentent la sensation de satiété et favorisent la sécrétion d’insuline. Mais cette action sur le système digestif explique aussi les effets secondaires les plus fréquents : nausées, vomissements, douleurs abdominales ou diarrhées. Ils sont souvent jugés bénins, mais ces troubles peuvent devenir invivables au quotidien, et de nombreux patients finissent par arrêter leur traitement.

Une étude de 2025 publiée dans Nature Medicine, menée sur plus de 200.000 ex-soldats américains traités pour diabète, évoque un "risque plus élevé de troubles gastro-intestinaux, d’hypotension, de syncope, de troubles arthritiques, de néphrolithiase, de néphrite interstitielle et de pancréatite" chez les utilisateurs de GLP-1. Au-delà des troubles digestifs, ont été signalés des cas d’occlusions intestinales et de gastroparésie, un trouble qui empêche l’estomac de se vider correctement, laissant des aliments non digérés pendant plusieurs heures.

Plus récemment, les autorités sanitaires européennes se sont penchées sur des atteintes du nerf optique appelées NOIAN. Dans de rares cas, ces lésions pourraient provoquer une perte partielle ou totale de la vision. L’Agence européenne du médicament considère depuis 2025 que ce risque existe mais demeure "très rare". Aux Etats-Unis, plusieurs plaintes ont déjà été déposées contre les fabricants de ces traitements, notamment pour gastroparésie et troubles visuels.

Attention aux mésusages des traitements

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a recensé, entre 2023 et 2025, 376 cas graves d’effets indésirables et 19 décès liés à ces traitements. Parmi eux, 140 concernaient une utilisation contre l’obésité. L’agence alerte aussi sur les mésusages, évoquant "36 cas d’effets indésirables liés à une mauvaise utilisation du médicament pour perdre du poids, dont 25 cas graves". Autre point de vigilance mentionné par l’autorité sanitaire : les carences nutritionnelles provoquées par une perte de poids trop rapide, notamment des anémies.

Malgré tous ces signalements d’effets secondaires, les autorités sanitaires françaises jugent le "rapport bénéfice/risque favorable" lorsque ces médicaments sont prescrits dans le cadre de leur autorisation officielle.

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