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QUESTION D'ACTU

Journée internationale d'action pour la santé des femmes

Cycle menstruel, frottis, IST : quels sont les sujets où les jeunes ont des lacunes ?

Malgré la confiance affichée des jeunes dans leurs connaissances en matière de santé gynécologique, les 15-28 ans présentent des lacunes importantes sur les repères clés de prévention, de suivi médical et de santé sexuelle, selon une nouvelle enquête.

Cycle menstruel, frottis, IST : quels sont les sujets où les jeunes ont des lacunes ? Shutter2U/istock




L'ESSENTIEL
  • 70 % des jeunes ne connaissent pas la durée moyenne d’un cycle menstruel.
  • 41 % des collégiens et lycéens pensent qu’il existe un vaccin contre le VIH.
  • Plus d’une femme sur deux consulte pour un suivi gynécologique pour la première fois entre 18 et 24 ans.

Ce jeudi 28 mai 2026 est la Journée internationale d'action pour la santé des femmes. L’objectif de cette opération est de mieux faire connaître les spécificités de la santé féminine tout au long de la vie. Et bien que cette initiative fêtera ses quarante ans, l’enquête réalisée par Opinion Way pour le fonds de dotation Le Lab HEYME auprès des adolescents et jeunes adultes confirme que cette opération de sensibilisation est toujours aussi nécessaire.

En effet, les 15-28 ans affichent des lacunes importantes sur plusieurs thématiques liées à la santé gynécologique.

Frottis : 16 % des jeunes n’ont jamais entendu parler de cet examen

Plus de 3 jeunes sur 5 (64 %) estiment avoir un bon niveau de connaissance concernant la santé gynécologique de façon générale, dont 50 % « plutôt bon » et 14 % « très bon ». Toutefois, lorsqu’ils sont interrogés sur le frottis du col de l’utérus, seulement 4 sur 10 savent précisément de quoi il s’agit. Le même pourcentage (43 %) reconnaît qu’ils connaissent cet examen que de nom. Par ailleurs, ils sont 16 % à assurer n’avoir jamais entendu ce mot.

De plus, près de trois quarts des 18-25 ans (71 %) ne savent pas à partir de quel âge il est conseillé de le faire pour la première fois. 66 % des jeunes interrogés (le taux grimpe à 75 % chez les hommes) pensent (à tort) qu’il doit être fait avant 25 ans. Côté fréquence, il y a aussi un manque de connaissances : 39 % des jeunes estiment qu’il faut réaliser cet examen tous les ans et 29 % tous les deux ans. En réalité, entre 25 et 29 ans, il est recommandé de faire les 2 premiers frottis à 1 an d'intervalle puis, si les résultats sont normaux, à nouveau 3 ans plus tard.

L'étude révèle également que les femmes consultent pour un suivi gynécologique pour la première fois assez tardivement. Plus d’une sur deux (52%) ont entre 18 et 24 ans lors de ce rendez-vous. 5 % ont même 25 ans ou plus. "Le fait que plus d’une femme sur deux consulte pour la première fois un professionnel de santé gynécologique après 18 ans n’est pas anodin. Cela traduit moins un manque d’intérêt qu’un manque de repères et d’informations transmises au bon moment. Quand on ne sait pas quand, pourquoi et vers qui se tourner, on reporte. Ces résultats montrent l’importance de parler de santé gynécologique dès le collège et le lycée, de façon simple et dédramatisée, pour permettre aux jeunes de devenir acteurs de leur santé plus tôt", souligne Céline Berardo, Directrice Générale Le Lab Heyme.

Lorsqu’il s’agit de pathologies gynécologiques, l’endométriose et le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP, anciennement appelé SOPK) ne sont pas logés à la même enseigne. 86 % des 15-28 ans connaissent l’endométriose tandis que seulement 62 % connaissent le SOPK. Ils ont retenu un peu près le même nombre de symptômes pour les deux troubles : 4,7 symptômes pour l’endométriose (règles douloureuses, douleurs pelviennes chroniques, fatigue chronique, difficulté à concevoir, douleurs pendant ou après les rapports sexuels sont les plus cités), 4,4 symptômes pour le SMOP (règles douloureuses, difficulté à concevoir, douleurs pelviennes chroniques, règles irrégulières).

Bonne nouvelle : 9 jeunes sur 10 connaissent le VIH et le HPV. Par contre, ils peinent pour les autres IST. Par exemple, 25 % d’entre eux n’en ont jamais entendu parler de la chlamydia. 67 % des sondés savent qu’il existe un vaccin contre le HPV. En revanche, plus d’un quart d’entre eux pensent à tort qu'il y en a aussi un contre le VIH et la chlamydia.

Cycle menstruel : 70 % des jeunes ne connaissent pas sa durée

Pour ce qui est des règles et du cycle menstruel, les connaissances sont assez partielles également. Si un jeune sur deux (52 %) sait « tout à fait » de quoi il s’agit et 34 % en a plutôt une bonne connaissance, 14 % reconnaissent tout de même ne pas maîtriser le sujet. Seuls 26 % des adolescents et jeunes adultes interrogés ont été capables d’évoquer correctement le nombre de phases que contient le cycle menstruel. "À peine 30 % des sondés connaissent la durée moyenne d’un cycle menstruel… et en moyenne, ils l’estiment à 15,8 jours", ajoutent les auteurs du sondage.

La durée moyenne recommandée pour garder un tampon est une question piège pour les jeunes. Si 43 % des jeunes (60 % chez les femmes) savent qu’il est préférable de ne pas dépasser 4h, 35 % ont répondu entre 4 et 8 heures. 7 % pensent même qu’il peut rester entre 9h et 12 heures. Or, le risque de syndrome de choc toxique est multiplié par 2 lorsqu'on garde un tampon plus de 6 heures.

Un bon point ressort également de l’étude. Les participantes étaient bien informées sur les méthodes de contraception : 97 % d’entre elles connaissent la pilule contraceptive et la pilule du lendemain ou encore 96 % le préservatif masculin.

En revanche, Les hommes de leur côté ont encore des progrès à faire. 57 % d’entre eux déclarent savoir qu’il existe des moyens de contraception masculine autres que le préservatif masculin. 39 % des hommes se disent prêts à utiliser ces autres solutions. "Un chiffre qui bondit même à 73 % parmi la population masculine estimant avoir un très bon niveau de connaissance concernant la santé gynécologique. Plus les hommes prennent de l’âge et plus cette statistique augmente. On passe de 33 % entre 15 et 19 ans, à 38 % entre 20 et 24 ans puis 50 % entre 25 et 28 ans", remarquent les auteurs.

Autre élément encourageant : les 15-28 ans ont conscience que les préservatifs masculins et féminins protègent aussi des maladies sexuellement transmissibles. Par contre, 55 % d’entre eux pensent que les méthodes naturelles (calendrier, etc.) permettent d’éviter les grossesses.

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