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Oncologie

Cancer du col de l’utérus : pourquoi certaines femmes renoncent-elles au dépistage ?

Une étude de Santé publique France explique pourquoi la participation au dépistage du cancer du col de l’utérus, qui a tué 836 Françaises en 2022, reste inégale selon les femmes.

Cancer du col de l’utérus : pourquoi certaines femmes renoncent-elles au dépistage ? peakSTOCK/iStock




L'ESSENTIEL
  • Alors que le cancer du col de l’utérus peut être évité grâce au dépistage régulier, la participation reste insuffisante.
  • Plus précisément, les femmes lesbiennes, bisexuelles et celles ayant subi des violences sexuelles participent moins au dépistage.
  • Des expériences médicales difficiles, liées à leur orientation sexuelle ou leurs antécédents de violences, expliquent en partie ce retard.

3.159. C’est le nombre de personnes ayant reçu un diagnostic de cancer du col utérin en 2023 en France. Pourtant, ce cancer, principalement causé par la présence prolongée du papillomavirus (HPV), peut être évité grâce au dépistage. Réalisé entre 25 et 65 ans (sauf indication contraire du médecin), par l'analyse des cellules du col et/ou la réalisation du test HPV-HR au cours d'un frottis, il permet de détecter la présence du virus ou d'anomalies des cellules du col de l'utérus. Cela permet de les traiter avant qu’elles n’évoluent en cancer ou de diagnostiquer des cancers à un stade précoce et ainsi d’améliorer les chances de guérison.

Les femmes lesbiennes, bisexuelles ou victimes de violences sexuelles sont moins dépistées

Problème : la participation au dépistage du cancer du col de l’utérus demeure insuffisante et marquée par des inégalités sociales et comportementales, malgré la généralisation du programme national de dépistage organisé en 2018. Dans une nouvelle étude, Santé publique France a donc voulu déterminer les freins au dépistage. Pour ce faire, les experts ont recruté 3.481 femmes âgées de 25 à 65 ans ayant déjà eu des rapports sexuels. "Les données sont issues de l’enquête nationale Contexte des sexualités en France. La variable d’intérêt était la réalisation d’un test de dépistage dans les trois dernières années." Ensuite, les auteurs ont analysé certaines dimensions individuelles, comme l’orientation sexuelle, les pratiques sexuelles ou les antécédents de violence, qui sont peu explorées dans les recherches françaises.

Au total, 81,9 % des participantes déclaraient être à jour de leur dépistage. Selon les données, les patientes déclarant avoir eu un partenaire sexuel dans les 12 derniers mois étaient davantage dépistées, tout comme celles déclarant "important d’avoir une vie sexuelle pour se sentir bien". Les pratiques bucco-génitales étaient également associées à une participation plus élevée. En revanche, les femmes lesbiennes et bisexuelles présentaient une participation au dépistage plus faible (58 % contre 83 % chez les volontaires hétérosexuelles), tout comme celles ayant subi des violences sexuelles (79 % contre 84 % chez les patients n’ayant pas subi de sévices).

Cancer du col de l’utérus : les raisons invisibles derrière un dépistage insuffisant chez certaines femmes

Cette faible participation au dépistage de femmes lesbiennes et bisexuelles s’explique par "une moindre perception du risque chez les femmes ayant des partenaires exclusivement féminins et chez les professionnels de santé qui les suivent, et un accès moindre aux services de santé sexuelle, ou d’expériences de stigmatisation ou d’inconfort dans les consultations gynécologiques." Selon les chercheurs, les patientes ayant subi des violences sexuelles restent également à l’écart, car "les examens gynécologiques peuvent être vécus comme intrusifs ou susceptibles de réactiver le traumatisme. (…) Toutefois, l’impact du traumatisme peut varier selon le contexte de soins, en particulier lorsque des approches prenant en compte les traumatismes sont mises en place. Dans notre étude, l’association négative observée pourrait refléter une exposition limitée à ce type de pratiques protectrices dans le parcours de soin français, laissant persister des barrières émotionnelles et corporelles importantes."

Face à ces résultats, Santé publique France soulignent l’importance de dimensions intimes rarement étudiées en France. L’autorité sanitaire insiste également sur la nécessité d’intégrer systématiquement une approche tenant compte du traumatisme dans les consultations gynécologiques et dans l’organisation du dépistage. Autre recommandation : adapter les messages et les pratiques professionnelles pour améliorer l’équité du dépistage.

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