- Les chercheurs ont remarqué que 17 métabolites microbiens étaient liés à l'autisme.
- Ils ont mis au point un test capable de les repérer dans l'urine des jeunes patients.
- Ce test pourrait accélérer le dépistage et la prise en charge des enfants souffrant d'un trouble du spectre autistique.
Diagnostiquer un trouble du spectre autistique est complexe et généralement long. Mais cela pourrait changer grâce aux travaux des chercheurs de l’université d'État de l’Arizona publiés dans la revue Molecular Psychiatry, le 26 mai 2026.
Ils ont développé un test urinaire capable d'identifier les enfants souffrant d’autisme plus tôt que les évaluations actuelles.
17 métabolites microbiens liés à l’autisme
Les scientifiques de l’université américaine ont découvert que les enfants autistes avaient des niveaux élevés de 17 métabolites microbiens – des petites molécules produites par les bactéries du microbiote – dans leur urine par rapport aux jeunes ayant un développement typique. "Il s'agissait notamment de métabolites dérivés de la tyrosine, du tryptophane et de la phénylalanine – des acides aminés impliqués dans des voies de neurotransmission clés – ainsi que d'autres composés liés à l'activité des levures et des champignons."
L’équipe a ainsi développé un test urinaire capable d’évaluer les taux de ces métabolites. Il a été testé avec des échantillons provenant de 52 enfants atteints de troubles du spectre autistique et 47 participants âgés de 2 à 11 ans ayant un neurodéveloppement standard.
Presque tous les volontaires autistes présentaient au moins un taux de métabolites supérieur au taux le plus élevé observé dans le groupe témoin. Certains étaient de 100 à 1 000 fois plus élevés. "En moyenne, les enfants atteints de troubles du spectre autistique présentaient des taux élevés d'environ trois métabolites, tandis qu’aucun n’était élevé chez les enfants au développement typique", expliquent les auteurs dans leur communiqué.
"Ce test permettra d'identifier les jeunes enfants présentant un risque élevé de diagnostic d'autisme et d'orienter la prise en charge de ceux déjà diagnostiqués, afin de les aider à mener une vie épanouie", ajoute Christina Flynn, première auteure de l'étude.
Un nouveau sous-type d’autisme identifié
Les chercheurs ont aussi remarqué que les métabolites issus du microbiote sont "essentiellement des versions modifiées de la sérotonine et de la dopamine”. « Il s’agit de deux neurotransmetteurs essentiels qui influent sur l’humeur, la cognition et la mémoire. Cela pourrait expliquer nombre de symptômes et de symptômes associés chez les enfants autistes : leurs difficultés de communication sociale, leur anxiété, leur dépression et leurs troubles de l’attention", explique le Pr James Adams, auteur principal et père d’une fille adulte atteinte d’autisme.
Si ces résultats ne prouvent pas que les métabolites causent l’autisme, ils suggèrent qu’une voie biologique pourrait être impliquée dans certains cas estime l’équipe. Elle propose d’ailleurs un nouveau sous-type d’autisme appelé "TSA associé à des métabolites d’origine microbienne" (ASD-MDM en anglais).
"Ce phénotype représente environ 90 % des cas de troubles du spectre autistique. Approximativement 10 % des enfants autistes inclus dans l’étude ne présentaient pas d’anomalies métaboliques intestinales. Cependant, la plupart d’entre eux souffraient d’autres troubles métaboliques importants, possiblement liés à des maladies génétiques", note-t-elle.
Ce test urinaire – qui doit encore être testé sur des populations plus importantes – ne constituera pas un diagnostic à lui seul, préviennent les chercheurs. Par contre, il pourra aider à déterminer les enfants à risque qui ont besoin de passer les évaluations cliniques en priorité.
"Pour de nombreuses familles, l'une des plus grandes difficultés est l'attente, l'incertitude, souligne Christina Flynn. Si ce test permet de réduire ce délai, même légèrement, c'est important, car une intervention précoce peut vraiment faire la différence."



