- L’endurance apparaît comme le principal point faible des élèves.
- La pratique sportive en club améliore fortement les performances.
- Les écarts entre filles, garçons et milieux sociaux restent importants.
Ils ne parviennent pas à courir plus de quelques minutes, ils sautent moins loin qu’avant et ils manquent de souffle : la nouvelle étude du service statistiques du ministère de l’Education nationale (Depp) a publié, mardi 26 mai, les résultats des nouvelles évaluations physiques réalisées auprès des élèves de sixième et de seconde. Et le bilan est contrasté parmi les jeunes Français : si la vitesse reste globalement maîtrisée, l’endurance révèle des écarts importants selon le sexe, le milieu social et la pratique sportive.
L’endurance, le principal point faible des élèves
La Depp a évalué plus de 266.000 élèves de sixième et 4.400 lycéens de seconde à travers plusieurs tests physiques. Premier constat : l’endurance est l’aptitude la plus difficile. Ainsi, en sixième, "35 % des élèves se trouvent dans le groupe 'à besoins' en endurance" et "ne parviennent pas à courir pendant quatre minutes à faible allure". Ce n’est pas beaucoup mieux en seconde, où seulement "quatre élèves sur dix ont une maîtrise satisfaisante en endurance".
En matière d’endurance, les écarts entre filles et garçons sont marqués : en sixième, "46 % des garçons ont une maîtrise satisfaisante, contre 22 % des filles". Même constat en seconde, où les garçons affichent des performances "cardio" deux fois supérieures à celles des filles. Les jeunes de filière générale et technologique réussissent également mieux que ceux de la voie professionnelle. A noter enfin que les résultats en endurance sont liés aux performances scolaires.
Sans surprise, les enfants qui pratiquent un sport en club obtiennent de meilleurs résultats dans tous les tests physiques. En seconde, seuls "20 % des élèves ne pratiquant pas en club appartiennent au groupe de maîtrise satisfaisant" en endurance, contre "64 % de ceux pratiquant plus de trois heures" par semaine. La motivation joue aussi un rôle clé : "Le plaisir et la motivation sont liés à la performance des élèves", souligne la Depp. En sixième, plus d’un élève très motivé sur deux atteint un niveau satisfaisant au test d’endurance.
Des inégalités qui persistent dans le sport
Mais les inégalités ont la vie dure, selon l’enquête. Les filles pratiquent moins souvent une activité encadrée : "Une fille sur quatre ne pratique aucune activité physique encadrée" en sixième. Les écarts sociaux sont également nets : parmi les élèves les moins favorisés, 31 % ne pratiquent aucun sport en club, contre seulement 7 % des plus favorisés.
En sixième, le sport reste avant tout un moyen "d’être avec ses ami(e)s". En seconde, les motivations évoluent : 69 % des adolescents disent pratiquer une activité physique pour "améliorer leur apparence physique". Les jeunes évoquent aussi plusieurs freins : le manque de temps, la pression de la performance ou encore le regard des autres. Chez les lycéennes, 36 % disent ne pas aimer pratiquer du sport devant les autres. Ces résultats rappellent que l’activité physique ne dépend pas seulement des capacités des élèves : le plaisir, l’environnement social et l’accès au sport jouent un rôle crucial.


