- L’Académie nationale de médecine, 45 sociétés savantes et 33 associations citoyennes soutiennent une pétition visant à rendre obligatoire le Nutri-Score.
- Jusqu’à présent, cet étiquetage informant sur la qualité nutritionnelle des aliments est facultatif, plus précisément il repose sur le volontariat.
- Selon les signataires, imposer ce logo sur tous les produits peut réduire le risque de maladies chroniques, notamment "dans un contexte d’augmentation continue du surpoids et de l’obésité au sein de la population."
Le Nutri-Score, affichant cinq couleurs (du vert foncé au orange foncé), sur vos aliments va-t-il bientôt devenir impossible à éviter ? C’est ce que veulent 45 sociétés savantes (Société française de nutrition, Société francophone du diabète, Société française du cancer…) et 33 associations citoyennes (UFC Que Choisir, 60 millions de consommateurs, Ligue contre le cancer, Foodwatch…). Au total, "79 structures impliquées dans le domaine de la santé" soutiennent une pétition, publiée sur le site de l’Assemblée nationale, visant à rendre obligatoire le Nutri-Score sur l’emballage des produits alimentaires. La pétition en question, lancée par des scientifiques à l’origine du Nutri-Score, a déjà recueilli 57.611 signatures. Elle a également reçu le soutien de l’Académie nationale de médecine.
"L’apposition du logo Nutri-Score" se fait sur la base du volontariat
Pour rappel, ce logo informe sur la qualité nutritionnelle des aliments. Il est attribué sur la base d’un score prenant en compte, pour 100 gr ou 100 mL de produit, la teneur en nutriments et aliments à favoriser (fibres, protéines, fruits, légumes, légumes secs) et en nutriments à limiter (énergie, acides gras saturés, sucres, sel et édulcorants pour les boissons). Après calcul, le score obtenu par un produit permet de lui attribuer une lettre et une couleur, selon Santé publique France.
D’après les signataires de la pétition, "l’apposition du logo Nutri-Score sur la face avant des emballages des aliments repose sur le volontariat des opérateurs économiques." Puisque cette approche est facultative, "diverses grandes entreprises refusent toujours de l’afficher (Ferrero, Lactalis, Coca-Cola, Mars, Mondelez, Kraft, Unilever…) et certaines qui l’avait finalement adopté (Danone, Bjorg, Cristaline) ont décidé de ne plus l’afficher suite à la mise en place en mars 2025 du nouveau Nutri-Score mis à jour par les scientifiques et plus sévère pour les produits sucrés et les boissons édulcorées."
Diabète, cancers… Rendre obligatoire le Nutri-Score pour réduire le risque de maladies chroniques
Étant donné que son affichage "demeure insuffisante pour garantir une information nutritionnelle transparente, accessible et compréhensible", les consommateurs ne sont pas assez éclairés pour faire des choix "vers une alimentation plus favorable à la santé. (…) Dans un contexte d’augmentation continue du surpoids et de l’obésité au sein de la population — touchant en France un adulte sur deux et près d’un enfant sur cinq —et de l’incidence élevée des maladies chroniques liées à la nutrition (cancers, maladies cardiovasculaires, diabète...) qui ont un coût humain, social et économique considérable, l’État français a le devoir, de prendre toutes mesures visant à préserver et promouvoir la santé publique", ont écrit les signataires.
Dans le détail, ils soulignent la nécessité de rendre obligatoire le Nutri-Score, qui, selon plusieurs études, peut contribuer à diminuer le risque des pathologies, afin d’améliorer la santé des Français en réduisant les facteurs de risque associés aux maladies chroniques non transmissibles (diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, certains cancers).



