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Baisse de la natalité : les smartphones seraient-ils responsables ?

Selon une nouvelle étude, dans de nombreux pays, les smartphones ont contribué à la baisse de la natalité chez les femmes de 15 à 24 ans.

Baisse de la natalité : les smartphones seraient-ils responsables ? Antonio_Diaz/iStock




L'ESSENTIEL
  • En Europe, tous les pays sont concernés par la baisse de la natalité.
  • Dans le monde, la grande majorité des pays n'atteignent plus le seuil de remplacement des générations.
  • Des chercheurs ont observé un lien entre l’apparition et l’usage massif du smartphone et la baisse de la natalité chez les jeunes femmes.

En 2025, 645.000 bébés sont nés en France et 651.000 personnes sont décédées, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Le solde naturel était donc négatif de 6.000, une première depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le smartphone contribue à la baisse de la natalité

Malgré ce solde naturel négatif, l’Hexagone reste parmi les pays européens ayant les taux de fécondité les plus élevés. Sur le continent, tous sont en effet concernés par la baisse de la natalité et, à l’échelle mondiale, la grande majorité des pays n'atteignent plus le seuil de remplacement des générations. Mais pourquoi une telle baisse des naissances ? 

Selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), environ un couple sur huit consulte en raison de difficultés à concevoir un enfant. L’infertilité pourrait donc être l’une des raisons. Toujours d’après l’Inserm, chez les hommes comme chez les femmes, plusieurs facteurs peuvent perturber la fonction de reproduction, notamment les perturbateurs endocriniens. 

Mais une nouvelle étude a mis en avant un autre facteur, plutôt surprenant : le smartphone. Les auteurs mettent en parallèle l’apparition et la démocratisation de cette technologie avec la baisse de la natalité mondiale. S’ils ne tiennent pas le smartphone pour seul responsable, ils estiment qu’il a largement contribué à la diminution des grossesses chez les femmes les plus jeunes. Leurs travaux sont disponibles sur Social Science Research Network (SSRN), une plateforme d’articles scientifiques preprints, c’est-à-dire non validés par les pairs.

Une baisse de la natalité chez les adolescentes et les jeunes adultes

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les données issues de 128 pays. Dans une grande partie d’entre eux, ils ont observé un point de rupture à la sortie du premier iPhone, en 2007. Ils estiment que l’usage massif de cet outil a modifié les habitudes de vie des adolescents et entraîné la chute de leur fécondité.

Dans le détail, ils notent une baisse du taux de natalité de 71 % chez les filles âgées de 15 à 19 ans aux États-Unis, entre 2007 et 2024. Sur la même période, ce pourcentage était de 43 % chez les américaines de 20 à 24 ans. 

Nous constatons que la fécondité des adolescentes est celle qui a diminué le plus rapidement dans le monde”, indique Moscoso Boedo, l’un des auteurs, dans un communiqué de l'université de Cincinnati, relayé par Euronews

Comme explication, les scientifiques avancent une baisse des interactions sociales en lien avec l’augmentation du temps passé à utiliser le smartphone. Selon eux, ce phénomène diminue les “contacts informels au sein desquels surviennent la plupart des grossesses non désirées”.

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