- D’après un spécialiste des maladies infectieuses, la Coupe du monde, qui débute le 11 juin aux États-Unis, au Canada et au Mexique, crée un environnement idéal pour la propagation internationale des pathologies.
- L’expert considère que le principal risque n’est pas Ebola, qui circule activement en RDC, mais les maladies respiratoires courantes, comme la rougeole, la grippe et le coronavirus, qui se transmettent par voie aérienne.
- Les professionnels de santé surveillent également des risques moins visibles : les pathologies transmises par les moustiques (dengue, chikungunya, Zika, fièvre jaune, virus Oropouche) et les infections sexuellement transmissibles (Mpox, syphilis).
Le Mondial peut-il devenir un accélérateur d’épidémies ? C’est la question qui se pose à l’approche du coup d’envoi, le 11 juin prochain. Car oui, la Coupe du monde, c’est est plus qu’un simple événement sportif. Durant environ un mois, des millions de supporters se retrouvent en masse dans les stades, les aéroports, les hôtels, les bars et les transports en commun. "C’est une expérience de plusieurs semaines de brassage mondial qui crée un environnement propice à la propagation des maladies infectieuses. Les événements de cette ampleur provoquent rarement des épidémies majeures, mais ils offrent des opportunités d’épidémies et mettent les systèmes de santé à l’épreuve", signale Andrés Henao, professeur de médecine et de maladies infectieuses à l’université du Colorado Anschutz (États-Unis).
"Le risque que le virus Ebola atteigne un stade reste très faible"
Dans une publication de The Conversation, il liste les virus qui pourraient s’inviter aux festivités. Première menace : Ebola. Pour rappel, le mois dernier, l’OMS a déclaré que la propagation de ce virus en République Démocratique du Congo était une urgence de santé publique d'intérêt international. En parallèle, des cas suspects ont été identifiés au Brésil et en Sardaigne. Cet agent pathogène a aussi été détecté chez un médecin missionnaire de l'ONG chrétienne américaine Serge en Allemagne. Le patient, ayant été exposé au virus dans l'est de la RDC et soigné dans un établissement de santé de Berlin, est désormais guéri et est sorti de l’hôpital. "Le risque que le virus Ebola atteigne un stade de la Coupe du monde reste très faible. En effet, il ne se transmet que par contact direct avec des fluides corporels comme le sang ou la salive, et non par voie aérienne. De plus, les personnes infectées ne sont contagieuses qu'à partir du moment où elles présentent des symptômes", assure Andrés Henao.
Coupe du monde 2026 : les infections respiratoires, "les menaces les plus probables"
Selon lui, la rougeole, la grippe et le Covid-19 "sont les menaces les plus probables pour les personnes assistant à la Coupe du monde." En effet, ces infections respiratoires se transmettent par la toux, les éternuements et la respiration dans les lieux publics bondés. "La rougeole est l’une des maladies infectieuses les plus contagieuses au monde. Le passage d’un seul voyageur infecté à l’aéroport international de Denver en 2025 a déclenché une épidémie d’au moins 10 cas. Un supporter infecté dans les tribunes, dans un aéroport ou dans un bar pourrait facilement provoquer une épidémie." Les grands rassemblements peuvent amplifier le risque de transmission de la grippe, qui a atteint un niveau record en 30 ans, et du coronavirus, qui continue d’envoyer des patients à l’hôpital.
Dengue, Zika, chikungunya… Des maladies infectieuses à prendre au sérieux
Parmi les pathologies susceptibles de profiter de l'afflux massif de supporters, on retrouve également les maladies transmises par les moustiques, comme la dengue, le chikungunya ou le Zika, avec un risque supplémentaire pour les matchs se déroulant dans le sud des États-Unis et dans les villes hôtes mexicaines pendant la haute saison estivale des moustiques. "Il existe également un risque que les supporters importent des pathologies infectieuses de leur pays d'origine, telles que la fièvre jaune et la maladie à virus Oropouche. Les voyageurs porteurs de ces infections peuvent nécessiter des soins médicaux, mais les médecins américains connaissent généralement mal ces maladies", signale le spécialiste.
Mondial 2026 : le risque des IST est "sous-estimé"
D’après le professeur, les infections sexuellement transmissibles (IST), dont le risque est "sous-estimé", sont aussi susceptibles de se propager lors de l'événement. Une étude, citée par Andrés Henao, révèle qu’environ un voyageur international sur cinq a des rapports sexuels occasionnels et que près de la moitié de ces rapports ne sont pas protégés. "La variole, une infection virale transmissible par contact physique étroit, continue de circuler aux États-Unis et représente une préoccupation majeure lors des grands rassemblements publics. La syphilis connaît également une recrudescence mondiale."
5 mesures pour se protéger des maladies infectieuses
Bien que les autorités sanitaires américaines, canadiennes et mexicaines aient renforcé leurs efforts de surveillance afin d'assurer la sécurité des voyageurs, les supporters peuvent prendre plusieurs mesures pour se protéger. Le spécialiste leur conseille de s'assurer que leurs vaccinations, en particulier contre la rougeole, la grippe et la Covid-19, sont à jour, d’avoir des rapports sexuels protégés, d’utiliser un répulsif anti-moustiques et de rester chez soi ou porter un masque en cas de symptômes.



