- En 2025, on compte 6.529 passages aux urgences liés à la consommation de cocaïne, soit environ 125 par semaine, ainsi que 2.096 hospitalisations après passage aux urgences.
- Entre 2012 et 2025, le taux de passages aux urgences liés à la cocaïne a été multiplié par plus de trois (de 9,6 à 34,7 pour 100.000 habitants). Le taux d'hospitalisation a été multiplié par près de 5 sur la même période.
- Les patients sont majoritairement des hommes (71 %), avec un âge médian d'environ 33 ans.
En décembre dernier, une étude de l'OFDT avait révélé que, pour la première fois depuis 2010, la cocaïne détrônait le cannabis en France en termes de chiffre d'affaires. Selon les chiffres, la cocaïne atteint aujourd'hui 3,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires, contre 2,7 milliards pour le cannabis. Ce 8 juin, Santé publique France indique que la cocaïne est la "seconde substance illicite la plus consommée dans le monde après le cannabis." En 2023, 10 % des adultes rapportaient en avoir déjà consommé dans leur vie et 3 % au cours de l'année passée.
Cocaïne : 125 passages aux urgences par semaine en 2025
Dans son nouveau rapport, l’autorité sanitaire alerte sur la hausse des passages aux urgences liés à l’utilisation de la cocaïne. "Après une stabilisation des passages aux urgences en lien avec la consommation de cocaïne en 2024, une reprise marquée de la hausse est observée, retrouvant la tendance initiée depuis au moins 2012." D’après les données, issues du réseau Oscour et des sollicitations de Drogues Info Service, 6.529 passages aux urgences en lien avec la consommation de cocaïne ont été enregistrés en 2025. Cela représente en moyenne en France, 125 passages aux urgences en lien avec la consommation de cocaïne par semaine en 2025. Au total, 2.096 hospitalisations après passage ont été recensées la même année. "Le taux de passages aux urgences pour 100.000 habitants a plus que triplé entre 2012 et 2025, passant de 9,6 à 34,7, quand celui des hospitalisations a quasiment quintuplé, passant de 12,2 à 55,1. Ces taux ont augmenté tous les ans sur cette période, excepté entre 2018 et 2019 et entre 2023 et 2024."
La consommation de cocaïne a "des conséquences cardiovasculaires et psychiatriques"
Les passages aux urgences associés à la prise de cocaïne étaient "principalement liés à une intoxication (66 %), un problème de dépendance (14 %) ou de sevrage (7 %)." Santé publique France précise que les passages en lien avec la consommation de cocaïne sont fréquemment associés à des consommations d’autres substances, notamment l’alcool (29 %), les narcotiques (dont les opiacés) ou les psychodysleptiques (16 %), le cannabis (10 %) ou les benzodiazépines (7 %).
"Outre la dépendance, la consommation de cocaïne peut avoir des conséquences médicales aiguës, principalement cardiovasculaires (telles que l'infarctus du myocarde, l'accident vasculaire cérébral (AVC), la thrombose) et psychiatriques (dépression, attaque de panique, paranoïa)." C’est pourquoi, parmi les 38 % des passages aux urgences liés à la prise de cocaïne disposant d'au moins un autre diagnostic médical codé, certains étaient corrélés "aux manifestations cardiaques (douleur thoracique, palpitations, tachycardie) et psychiatriques (agitation, dépression, anxiété, schizophrénie), complications les plus fréquentes de la consommation de cocaïne."

Passages aux urgences liés à la cocaïne : les hommes sont plus concernés
L’agence sanitaire a observé de fortes disparités régionales, avec des taux de passages très élevés en Bretagne, Guyane et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les passages concernent toujours majoritairement des hommes (71 %) et l’âge médian est de 33 ans, "ce qui correspond aux profils habituellement observés parmi les personnes les plus consommatrices de cocaïne au sein de la population générale."


