• CONTACT

QUESTION D'ACTU

Hospitalisation

Canicule de mai : un impact particulièrement élevé chez les jeunes

La canicule exceptionnelle de mai a entraîné une augmentation marquée des passages aux urgences, des hospitalisations et des consultations médicales. Les jeunes figurent parmi les populations les plus touchées.

Canicule de mai : un impact particulièrement élevé chez les jeunes Maksim Safaniuk / istock




L'ESSENTIEL
  • La canicule précoce de mai a provoqué une forte hausse des passages aux urgences.
  • Les jeunes ont été davantage touchés que lors des précédents épisodes caniculaires.
  • Une polémique oppose les autorités et des acteurs de santé publique sur la diffusion d'une campagne de prévention.

La canicule exceptionnelle qui a touché la France à la fin du mois de mai a eu des conséquences sanitaires immédiates. D'après les autorités sanitaires, les recours aux soins d'urgence ont fortement augmenté durant cet épisode qualifié d'"inédit, historique et exceptionnel pour un mois de mai" par Météo-France. Cette situation relance également le débat sur la prévention et la communication autour des risques liés aux fortes chaleurs.

Une explosion des recours aux soins en quelques jours

D'après les données publiées le 5 juin par le ministère de la Santé et Santé publique France, les passages aux urgences, les hospitalisations et les consultations de SOS Médecins ont commencé à augmenter dès le 22 mai. Le pic a été atteint le 26 mai avec 411 passages aux urgences et 253 interventions de SOS Médecins. Les autorités précisent que les recours pour hyperthermies, déshydratations, hyponatrémies (baisse du taux de sodium dans le sang) et malaises ont été "deux fois plus importants dans les départements en vigilance orange canicule" que dans les autres territoires. Les hospitalisations après un passage aux urgences ont elles aussi progressé, culminant à 230 admissions le 29 mai.

Quelles ont été les populations les plus affectées par cet épisode caniculaire ? Les hyperthermies et coups de chaleur ont principalement concerné les moins de 15 ans ainsi que les personnes âgées de 15 à 44 ans. A l'inverse, les déshydratations et les hyponatrémies ont surtout touché les personnes de 75 ans et plus. Plus surprenant encore, le ministère et Santé publique France relèvent "des impacts sanitaires plus marqués" chez les moins de 15 ans et les 15-45 ans que ceux habituellement observés lors des épisodes caniculaires. Pour les autorités, ce constat "souligne l'importance de renforcer la prévention et l'adaptation des environnements fréquentés par ces populations".

Alors que les canicules étaient traditionnellement associées aux personnes âgées, cela suggère donc que les jeunes pourraient également devenir particulièrement vulnérables face aux épisodes de chaleur extrême.

Une polémique autour de la prévention

Face à la situation, les autorités sanitaires assurent avoir "anticipé les dispositifs de prévention afin de limiter les risques pour la santé". Elles rappellent que les agences régionales de santé, les préfectures et les collectivités déploient chaque année des actions de sensibilisation et appellent à "la responsabilité et à la vigilance de chaque citoyen".

Mais cette communication fait débat : fin mai, l'intersyndicale de Santé publique France et le collectif Santé publique en danger ont dénoncé l'absence de diffusion d'une campagne de prévention pourtant prête à être lancée. Ils évoquent une "ingérence des services du premier ministre qui empêche Santé publique France de réaliser ses missions".

Interrogé par l’AFP, le Service d'information du gouvernement affirme de son côté avoir rendu un "avis favorable sous quarante-huit heures" après avoir été saisi le 20 mai. Selon lui, cette campagne "pouvait être initiée dès le contexte de vigilance météorologique élevée connu".

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

LES MALADIES