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Neurologie

Comment une déception peut vous aider à changer vos habitudes

Des scientifiques ont découvert le rôle essentiel d’un neurotransmetteur pour adapter son comportement et changer ses habitudes.

Comment une déception peut vous aider à changer vos habitudes gorodenkoff/iStock




L'ESSENTIEL
  • Chez des souris, des chercheurs ont découvert le rôle clé d’un neurotransmetteur dans le changement des habitudes.
  • En réaction à une déception, le cerveau libère ce neurotransmetteur qui a aidé les rongeurs à adapter à leur comportement.
  • En revanche, lorsque les scientifiques ont réduit la capacité des souris à produire ce neurotransmetteur, elles se sont beaucoup moins bien adaptées.

Face au changement, la force des habitudes. C’est bien connu, nous avons tendance à répéter les mêmes comportements, même s’ils sont mauvais ou ne fonctionnent plus… Pourtant, certains arrivent à s’en défaire. Est-ce la volonté ? La chance ? Le hasard ? Selon une nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Communications, il pourrait y avoir une raison scientifique.

Un neurotransmetteur permet d’adapter nos comportements

Les mécanismes cérébraux qui sous-tendent les changements de comportement sont restés jusqu'à présent mal compris, car s’adapter à une situation donnée est extrêmement complexe sur le plan neurologique, explique le professeur Jeffery Wickens, l’un des auteurs, dans un communiqué. Cela nécessite une activité interconnectée entre plusieurs régions du cerveau.”

Pour étudier le mécanisme cérébral à l'œuvre lors des changements de comportement, les scientifiques ont mené des expériences sur des souris. Leur but était d’analyser un neurotransmetteur en particulier, l’acétylcholine, déjà connu pour son implication dans l’adaptabilité. 

Dans une première expérience, ils ont fait comprendre à des souris quel était le meilleur chemin pour obtenir une récompense. Puis, ils ont modifié la récompense au bout du chemin, ce qui signifie que l’habitude prise n’aboutissait plus au même résultat. En étudiant le cerveau des rongeurs, les chercheurs ont observé une réaction cérébrale face à cette déception du gain attendu, qui ne se présentait pas.

Face à une déception, le cerveau libère ce neurotransmetteur 

Au niveau neuronal, nous avons observé une augmentation significative de la libération d'acétylcholine dans certaines zones du cerveau, souligne le Dr Gideon Sarpong, premier auteur de l'étude. Et au niveau comportemental, nous avons constaté que beaucoup de souris présentaient un comportement de "réadaptation à la perte", en modifiant leurs choix dans le labyrinthe.” 

Les rongeurs s’adaptaient donc à ces nouvelles conditions en changeant leur habitude. “Plus l'augmentation d'acétylcholine était importante, plus les souris étaient susceptibles de modifier leurs futurs choix, poursuit le Dr Gideon Sarpong. Nos résultats ont démontré l'importance de l'acétylcholine pour se défaire des habitudes et permettre de faire de nouveaux choix.

Pour vérifier ces premiers résultats, les scientifiques ont ensuite réduit la capacité des animaux à produire ce neurotransmetteur… Expérience probante : les souris se sont beaucoup moins bien adaptées aux changements de circonstances.

Les taux d'acétylcholine sont souvent modifiés par les traitements des troubles neuropsychiatriques ciblant la maladie de Parkinson ou la schizophrénie, détaille le professeur Jeffery Wickens. Comprendre le rôle de ce neurotransmetteur est donc essentiel pour traiter de nombreux troubles neuropsychiatriques. Dans des cas de (...) dépendance et de trouble obsessionnel-compulsif, il est difficile de se défaire des habitudes et de modifier les comportements. Comprendre les mécanismes de la flexibilité comportementale pourrait donc, à terme, nous aider à développer de meilleurs traitements.

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