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Bénéficier des effets du sommeil… sans dormir : bientôt possible ?

Des chercheurs sont parvenus à déclencher les schémas d'activation cérébrale du sommeil profond chez des souris éveillées.

Bénéficier des effets du sommeil… sans dormir : bientôt possible ? Pikovit44/istock




L'ESSENTIEL
  • Des chercheurs ont réussi à déclencher les schémas d'activation cérébrale du sommeil, bénéfiques au cerveau, chez des souris éveillées.
  • Ces rongeurs ont obtenu des résultats aussi bons à une tâche de mémoire que ceux qui avaient réellement dormi.
  • L'étude révèle que c'est le rythme alterné spécifique marche/arrêt qui produit les effets réparateurs du sommeil.

Le sommeil est essentiel pour la bonne santé de l’organisme et du cerveau. Toutefois, des chercheurs de l’université Wisconsin-Madison pourraient avoir trouvé un moyen de bénéficier des bienfaits du sommeil sans avoir à fermer l'œil.

Leurs travaux ont été publiés dans la revue Nature Neuroscience, le 8 juin 2026.

Des électrodes pour simuler l’activité cérébrale pendant le sommeil

Le sommeil correspond à une succession de 3 à 6 cycles de 60 à 120 minutes. Chacun d’entre eux se compose de plusieurs phases de sommeil lent (caractérisées par des ondes cérébrale lentes) et de sommeil paradoxal. C’est au cours des phases de sommeil lent profond que le cerveau nettoie les déchets accumulés pendant la journée. La mémoire et les apprentissages sont également consolidés grâce à l'activation et à la désactivation des neurones à ce moment-là.

Les chercheurs ont voulu savoir s’il était possible de lancer ces mécanismes bénéfiques au cerveau même si ce dernier est éveillé. Ils ont, pour cela, réuni des souris génétiquement modifiées afin que leurs cellules cérébrales puissent être activées ou désactivées par des impulsions lumineuses transmises par de minuscules fibres optiques implantées dans le crâne. Ainsi grâce l'optogénétique, technique qui permet de contrôler l'activité de groupes de neurones spécifiques par simple illumination du tissu nerveux, l’équipe pouvait déclencher les mêmes rythmes d'activation et d'inhibition neuronales observés pendant le sommeil lent profond sur les rongeurs éveillés.

Pour l’expérience, les souris ont été maintenues éveillées pendant cinq heures afin d'induire le besoin de sommeil. Ensuite, un de leurs deux hémisphères était soumis à des stimulations simulant les ondes du sommeil, tandis que l'animal restait éveillé. L’autre n’était pas activé pour servir de témoin. Résultat : l’hémisphère stimulé présentait des signes de réduction partielle du déficit de sommeil. Les scientifiques ont également remarqué que les résultats étaient meilleurs quand le cerveau était soumis à un rythme alternant éveil/sommeil plutôt que le sommeil seul.

Ainsi, pour eux, ce n'est pas uniquement la diminution de l'activité cérébrale qui permet au cerveau de se rétablir de sa journée, mais l'alternance entre les ondes lentes profondes et l'éveil.

Les souris privées de sommeil et équipées d'électrodes arrivaient à mémoriser

Cette expérience a mis en évidence que les effets réparateurs du sommeil provenaient du rythme alterné marche/arrêt. Mais quelle conséquence sur la mémoire ? Un autre essai a comparé les capacité de mémoire de souris équipées d'électrodes simulant les schémas cérébraux du sommeil à celles de rongeurs ayant un sommeil naturel et d’autres empêchées de dormir.

Les animaux totalement privés de sommeil ont affichés des performances nettement inférieures à la tâche mnésique, le lendemain. Par contre, les souris ayant reçu les stimulations cérébrales pendant leur éveil ont eu des résultats aussi bons que celles qui avaient dormi.

Au terme de leurs travaux, les chercheurs précisent que leurs résultats ne signifient pas que le sommeil est superflu. Ils aident surtout à mieux comprendre les mécanismes qui lui permettent d’être bénéfique au cerveau.

L’équipe avance également que son étude pourrait aider à trouver de nouveaux moyens d'aider les personnes dont le sommeil profond est perturbé. Mais elle reconnaît qu'il faudra encore plusieurs années de recherches avant un potentiel traitement pour les humains.

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