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QUESTION D'ACTU

Polluants

Pourquoi il faut réduire notre usage des produits cosmétiques ?

La réduction de l’utilisation des produits cosmétiques ou leur remplacement par des alternatives plus saines permet de diminuer significativement l’exposition à différents polluants et perturbateurs endocriniens, dont le bisphénol A. 

Pourquoi il faut réduire notre usage des produits cosmétiques ? Pavel Herasimau/istock




L'ESSENTIEL
  • Une réduction de l'utilisation des produits cosmétiques est associée à une réduction de l'exposition à certains polluants, dont des perturbateurs endocriniens.
  • Ces substances peuvent avoir des effets sur la reproduction, le système hormonal et le développement.
  • Il faut privilégier des produits sans phénols synthétiques, ni parabènes, phtalates ou éthers de glycol.

Dentifrice, baume à lèvres, déodorants… Ces produits d’hygiène sont dans toutes les salles de bain. Pourtant, ils pourraient être une source de pollution de nos organismes. Une équipe de chercheurs de l’Inserm, de l’Université Grenoble Alpes et du CNRS, a découvert que la réduction de l’utilisation de ces cosmétiques est associée à une baisse de l’exposition à certaines substances chimiques. Les résultats de leurs travaux ont été publiés dans Environmental International.  

Produits d'hygiène et de beauté : ils peuvent contenir des substances néfastes pour la santé 

"Les substances cancérigènes et reprotoxiques sont interdites dans les cosmétiques en Europe, mais de nombreuses substances présentes dans les produits d’hygiène et les cosmétiques, telles que certains phénols, les phtalates, et le méthylparabène ont des effets délétères pour la santé sont suspectés d’effets délétères sur la santé, et notamment des effets de perturbation endocrinienne", rappellent les auteurs dans un communiqué publié sur le site de l’Inserm. Pour mieux comprendre les effets de ces produits sur l’exposition aux polluants, l’équipe a recruté une centaine d’étudiantes grenobloises. Pendant cinq jours, elles ont réduit l’utilisation de certains produits cosmétiques, et en ont remplacé certains par des alternatives plus saines. Ces dernières ne contenaient pas de phénols synthétiques, ni de parabènes, de phtalates ou d’éthers de glycol. 

Avant et après ces cinq jours, les chercheurs ont analysé des échantillons urinaires fournis par les participantes. Ils ont observé une baisse significative des biomarqueurs d’exposition à différentes substances : -22 % pour le phtalate de monoéthyle (MEP), présents dans des composés utilisés notamment pour fixer les parfums, -30 % pour le méthylparabène, un conservateur et possible perturbateur endocrinien, selon les autorités européennes. "Le propylparabène, autre possible perturbateur endocrinien selon la même source, a par ailleurs été moins fréquemment détecté à l’issue de l’intervention", complètent-ils. 

Bisphénol A : une substance interdite, mais toujours présente dans les produits d'hygiène

Une diminution de la concentration urinaire en bisphénol A (BPA) a aussi été relevée par les scientifiques. La substance est pourtant interdite dans les produits cosmétiques en France depuis 2005. "Sa présence pourrait être liée à des contaminations survenues au cours du processus de fabrication ou via les matériaux d’emballage, suppose Claire Philippat, chercheuse Inserm et dernière autrice de l’étude. S’il est fortement restreint dans les matériaux en contact avec les aliments en Europe, ce n’est pas le cas des matériaux utilisés pour les contenants de produits de soin, cosmétiques et d’hygiène." Or, le BPA est un perturbateur endocrinien et un "reprotoxique" présumé.

Polluants dans les cosmétiques : une réglementation plus stricte est nécessaire 

Nicolas Jovanovic, doctorant à l’Université Grenoble Alpes et premier auteur de l’étude, souligne que ces baisses ont été rapides, car les cinq jours ont suffi à les observer. "C’est encourageant, notamment car ces substances sont suspectées d’avoir des effets sur la reproduction, le système hormonal et le développement", note-t-il. Avec ses co-auteurs, il encourage à réduire l’utilisation de ces produits, contenant ces différentes substances. Mais les spécialistes estiment qu’il ne s’agit pas seulement d’efforts individuels, car la présence de substances dangereuses dans les produits d’hygiène n’est pas toujours simple à repérer, en l’absence de logo spécifique sur les emballages. "Ces résultats soulignent l’importance de la réglementation des substances chimiques dans les produits de consommation courante pour protéger la santé de la population", conclut Claire Philippat.

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