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Microbiote

Lupus : on sait ce qui peut provoquer des atteintes aux reins

Une bactérie présente dans le microbiote intestinal et sa toxine sont impliquées dans le développement de la néphrite lupique, une atteinte des reins liée au lupus.

Lupus : on sait ce qui peut provoquer des atteintes aux reins Elena Nechaeva/istock




L'ESSENTIEL
  • La prolifération de la bactérie Ruminococcus gnavus dans le microbiote joue un rôle dans le développement de la néphrite lupique.
  • Mesurer le taux des anticorps provenant de la prolifération de Ruminococcus gnavus pourrait permettre d'identifier les personnes à risque.
  • Un autre volet de l'étude avance que les antibiotiques pourraient être une voie thérapeutique de la néphrite lupique.

Environ 20.000 personnes souffrent du lupus, une maladie auto-immune qui conduit le système immunitaire à s’attaquer aux organes et aux tissus. Entre 20 et 60 % des patients développent également une atteinte aux reins appelée néphrite lupique. Des chercheurs de NYU Langone Health (USA) ont découvert que des toxines d’une bactérie du microbiote intestinal jouent un rôle dans l’apparition du trouble.

Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Annals of the Rheumatic Diseases, le 23 avril 2026.

La bactérie intestinale Ruminococcus gnavus impliquée dans la néphrite lupique

De nombreux articles scientifiques ont observé des liens entre le microbiote intestinal et les poussées de néphrite lupique. Pour en avoir le cœur net, l’équipe américaine a analysé le microbiote de patients présentant ce trouble et de personnes en bonne santé. Les chercheurs ont découvert la présence de Ruminococcus gnavus, bactérie intestinale liée à la maladie dans de précédents travaux, chez la moitié des membres du groupe néphrite lupique. Ces patients présentaient une prolifération bactérienne intestinale et manifestaient tous des signes d'inflammation. Ils avaient aussi des taux élevés d’anticorps luttant contre la toxine libérée par Ruminococcus gnavus, appelée lipoglycane.

"Ce qui a conduit les chercheurs à soupçonner que des taux élevés de cette molécule pourraient être un facteur déclenchant ou une cause potentielle de la maladie", précise le communiqué.

"Notre étude apporte les preuves fondamentales que la détection d'anticorps antilipoglycanes provenant de la prolifération de Ruminococcus gnavus dans l'intestin pourrait permettre d'identifier les personnes présentant un risque accru de néphrite lupique", ajoute le Dr Gregg Silverman, principal auteur de l'étude.

Néphrite lupique : un traitement antibiotique pourrait être la solution

Après cette découverte, les scientifiques ont entamé d’autres essais avec des souris souffrant de néphrite lupique. Ces rongeurs étaient exposés à la bactérie Ruminococcus gnavus et sa toxine lipoglycane. Ce qui leur déclenche des réponses immunitaires et une inflammation, ainsi que de graves lésions rénales similaires à celles observées chez les patients atteints de la maladie.
L’équipe a ensuite bloqué le récepteur Toll-like 2 (TLR2) qui est connu pour activer la surface des cellules immunitaires afin d’amplifier l'inflammation dans l’organisme. Cette manipulation a montré que le blocage du récepteur entraînait une réduction de l'inflammation associée au lupus chez les souris.

"Nos résultats ouvrent t la voie à l’utilisation d’antibiotiques sélectifs pour bloquer ces proliférations bactériennes, ou d’autres médicaments inhibiteurs pour bloquer les toxines du récepteur Toll-like 2 produites par ces efflorescences bactériennes, afin de traiter la néphrite lupique", se félicite le Dr Silverman.

L’expert et son équipe ont ainsi proposé de mener des essais cliniques utilisant des anticorps anti-lipoglycanes de Ruminococcus gnavus ou des inhibiteurs chimiques du TLR2 pour prévenir ou contrer les poussées de néphrite lupique. Selon eux, ces traitements pourraient constituer "des alternatives indispensables aux immunosuppresseurs, traitement de référence actuel de la néphrite lupique, dont l'efficacité est variable". De plus, ces thérapies ont de nombreux effets secondaires tels que prise de poids, dépression et risque accru d'infections.

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