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Coronavirus de chauve-souris : faut-il craindre un nouveau Covid ?

Des chercheurs britanniques ont identifié un coronavirus de chauve-souris capable d’infecter des cellules humaines grâce à un mécanisme inédit. Il ne représente néanmoins pas une menace immédiate.

Coronavirus de chauve-souris : faut-il craindre un nouveau Covid ? EyeEm Mobile GmbH / istock




L'ESSENTIEL
  • Un coronavirus de chauve-souris peut entrer dans des cellules humaines via un nouveau mécanisme.
  • Les chercheurs assurent qu’il ne représente pas une menace immédiate.
  • Cette découverte souligne l’importance de la surveillance des virus émergents.

Un nouveau type de coronavirus issu d’une chauve-souris africaine intrigue la communauté scientifique. Capable de pénétrer des cellules de poumons humains, il soulève de nombreuses interrogations sans pour autant faire craindre une nouvelle pandémie. Que sait-on vraiment de cette découverte publiée cette semaine dans la revue Nature ?

Une nouvelle porte d’entrée dans les cellules humaines

Des virologues britanniques, menés par Dalan Bailey (Institut Pirbright) et Stephen Graham (Université de Cambridge), ont ainsi identifié un alphacoronavirus baptisé KY43. Provenant de la chauve-souris dite "au nez-en-cœur" d’Afrique de l’Est, ce virus est le seul, parmi la quarantaine étudiés par les chercheurs, à être capable d’entrer dans des cellules pulmonaires humaines, d'après un communiqué. Pour tester ce potentiel, les scientifiques ont utilisé des "pseudovirus", des particules inoffensives permettant d’analyser les mécanismes d’entrée dans les cellules. Pas de fuite de laboratoire possible, car "un moteur sans roues ne peut pas rouler", explique Dalan Bailey, cité par Le Monde.

Résultat : KY43 emprunte une voie inattendue, différente des récepteurs classiques. Les scientifiques ont découvert que ce virus utilise une protéine appelée CEACAM6, jusqu’ici surtout connue comme marqueur de certains cancers. Cette "clé" biologique constitue une nouvelle "serrure" pour les coronavirus, illustre Le Monde. "A notre grande surprise, très peu de spike [protéines virales] apparaissaient capables d’utiliser l’un des récepteurs", souligne Stephen Graham, cité par le journal. Cette découverte suggère que certains virus disposent de stratégies encore méconnues pour infecter l’humain.

Cela dit, entrer dans une cellule ne suffit pas à provoquer une maladie. Le virus doit aussi se multiplier, échapper au système immunitaire et se transmettre. "KY43 ne sera pas le nouveau SARS-CoV-2", rassure Stephen Graham. Les analyses menées sur des populations exposées en Afrique n’ont révélé aucune trace d’infection humaine. "Ce n’est pas le nouveau Covid, ce n’est pas une pandémie qui commence."

Un risque d’émergence de nouveaux virus

Néanmoins, les experts appellent à la vigilance. La chercheuse Huan Yan (Université de Wuhan), interrogée par Le Monde, souligne que "les alphacoronavirus, souvent jugés moins dangereux, peuvent cacher des risques sous-évalués". De son côté, Olivier Schwartz (Institut Pasteur) insiste sur l’importance d’"identifier nos ennemis potentiels futurs".

Dans ce contexte, les chercheurs recommandent de développer des tests de diagnostic et de sensibiliser les populations, notamment face à la consommation de viande de brousse. La pandémie de Covid-19 a en effet rappelé combien les interactions entre humains et animaux favorisent l’émergence de nouveaux virus.

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