- L’activité physique pendant la grossesse améliore la santé métabolique des enfants.
- Mais le stress maternel peut réduire ces bénéfices, surtout chez les mâles.
- L’équilibre émotionnel de la mère joue un rôle clé dès la vie in utero.
Bouger pendant la grossesse est souvent recommandé… mais est-ce toujours bénéfique ? Une nouvelle étude, publiée dans The FASEB Journal, révèle que le stress maternel pourrait limiter les effets positifs de l’activité physique sur la santé métabolique des enfants.
Stress maternel et perturbations hormonales
Chez des souris, les chercheurs ont observé que l’activité physique pendant la grossesse améliore le métabolisme des tout-petits après la naissance. Autrement dit, les enfants gèrent mieux leur énergie, ce qui peut réduire les risques de troubles métaboliques. Mais ce bénéfice n’est pas systématique : lorsqu’un stress prénatal est présent chez la mère, ces effets positifs diminuent, en particulier chez les mâles. Ce résultat suggère que l’environnement émotionnel de la maman joue un rôle clé, et ce, dès les premiers moments de la vie in utero.
La recherche met en lumière un mécanisme biologique précis. Le stress maternel viendrait modifier certaines voies hormonales impliquant les corticostéroïdes, des hormones essentielles à la régulation de l’énergie, selon un communiqué. Ces perturbations toucheraient notamment la graisse brune, un tissu particulier qui "brûle" l’énergie pour produire de la chaleur, contrairement à la graisse blanche qui la stocke. Or, un déséquilibre à ce niveau pourrait expliquer les effets observés chez la progéniture.
En France, 5 à 15 % des femmes enceintes souffrent d’anxiété
Pour les auteurs, ces résultats ouvrent de nouvelles pistes, "un cadre pour comprendre comment les facteurs psychosociaux peuvent modifier les effets de l’exercice pendant la grossesse". Alors qu’en France, 5 à 15 % des femmes enceintes disent souffrir d’anxiété selon l’Assurance Maladie, les chercheurs insistent sur "l’importance de prendre en compte le stress maternel" dans les études sur la santé future des enfants.
D’autres recherches confirment ce rôle central du stress au cours de la grossesse. Une méta-analyse publiée en 2025 dans Pediatric Discovery, montre que le cortisol, l’hormone du stress, peut perturber le développement du fœtus. Dans le détail, une hausse du cortisol dérégule l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et favorise l’inflammation, avec des effets sur des zones cérébrales clés comme l’hippocampe et l’amygdale. Les conséquences sont multiples : à court terme, un risque accru de naissance prématurée ou de faible poids ; à long terme, davantage d’anxiété ou de dépression. D’autres études récentes, dont une publiée dans eLife, vont dans le même sens : le niveau de cortisol présent chez les femmes enceintes aurait une incidence sur le développement des émotions chez les nouveaux-nés.



