- Le cannabis pourrait ralentir le développement cognitif des adolescents.
- Les effets concernent surtout la mémoire et l’attention.
- Retarder sa consommation pourrait protéger le cerveau.
"L’adolescence est un moment critique pour le développement du cerveau", et "les enfants qui commencent à consommer du cannabis ne progressent pas au même rythme que leurs pairs." Alors que son usage se banalise un peu partout, une étude américaine alerte sur ses effets potentiels de la "fumette" chez les plus jeunes. Des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego montrent que les adolescents concernés progressent moins vite en mémoire et en capacités cognitives. Des résultats qui interrogent sur les conséquences à long terme.
Des progrès cognitifs ralentis
La recherche, publiée dans la revue Neuropsychopharmacology, s’appuie sur les données de plus de 11.000 jeunes suivis entre 9 et 17 ans dans le cadre de la vaste étude Adolescent Brain Cognitive Development (ABCD). Les scientifiques ont évalué leur mémoire, leur attention ou encore leur langage, tout en croisant déclarations et tests biologiques.
Les résultats montrent que les adolescents consommateurs présentent une "croissance plus limitée" de leurs capacités cognitives, selon un communiqué. Plus jeunes, certains avaient même des performances similaires, voire supérieures, mais avec le temps, leur progression "ralentit", contrairement à celle des non-consommateurs. Si les écarts observés restent modestes, "ils peuvent s’accumuler et affecter l’apprentissage, la mémoire et le fonctionnement quotidien", selon les chercheurs.
Le rôle clé du THC
Les scientifiques se sont aussi intéressés aux composants du cannabis. Ils observent que le THC, principal composé psychoactif, est "probablement à l’origine des changements observés". Les adolescents exposés au THC présentent bel et bien une mémoire plus altérée. En revanche, le CBD ne montre pas les mêmes effets, "ce qui souligne à quel point les produits à base de cannabis peuvent être complexes", notamment lorsque certains produits contiennent du THC sans l’indiquer clairement, voire de nouvelles molécules non réglementées aux effets psychoactifs similaires au THC (HHC, CBC...).
Si l’étude ne prouve pas un lien de causalité direct, pour Natasha Wade, le fait de "retarder la consommation de cannabis favorise, dans tous les cas, un développement cérébral sain". Un message clé à l’heure où ces produits sont de plus en plus accessibles en ligne et dans les boutiques.



