- Les personnes vivant avec le VIH font face à un vieillissement biologique accéléré.
- La prise d'un traitement antiviral ralentit ce phénomène. Après 1,55 an de traitement, la réduction de l'âge biologique est de près 3,7 ans.
- Cette recherche montre qu'il est important de dépister et de traiter rapidement les personnes infectées par le VIH. Il faut aussi s'assurer du bon suivi de la thérapie.
En 2023, environ 181.000 personnes en France vivent avec le VIH et 96 % d’entre elles sont sous traitement antiviral. Si ce dernier ne permet pas d’éliminer le virus responsable du SIDA, il pourrait aider en revanche à réduire le vieillissement biologique accéléré observé chez ces patients.
Leurs travaux ont été présentés au congrès ESCMID Global 2026 qui se tient à Munich.
Traitement contre le VIH : le vieillissement biologique est réduit de près de 4 ans
Pour évaluer les effets de la thérapie antirétrovirale, les chercheurs ont mis au point une horloge de vieillissement protéomique plasmatique. Cet outil est capable d’estimer l'âge biologique d'une personne. Ce dernier reflète le vieillissement physiologique plutôt que l'âge chronologique. L'horloge a été testée avec 941 échantillons de plasma de porteurs du VIH suivant une thérapie antivirale et 294 échantillons provenant de 80 patients n’ayant pas encore pris le traitement.
Les analyses réalisées ont montré que les personnes non traitées présentaient un vieillissement accéléré médian de 10 ans. De plus, cet âge biologique diminuait au fil de la thérapie. Après une durée médiane de 1,55 an de traitement, la réduction moyenne était de 3,7 ans. "Les analyses de trajectoire ont montré que l'âge protéomique continuait à se rapprocher de l'âge chronologique avec une exposition plus longue au traitement antiviral, suggérant une récupération biologique continue avec un traitement soutenu", soulignent les chercheurs dans leur communiqué.
VIH et vieillissement biologique : il faut commencer le traitement le plus tôt possible
De nombreux travaux antérieurs sur le vieillissement accéléré des personnes infectées par le VIH. Elles ont notamment avancé que ce phénomène pourrait être lié à une inflammation chronique ainsi qu’à un risque plus élevé d'affections liées à l'âge comme les maladies coronariennes. Trouver des moyens de lutter contre ce vieillissement biologique accéléré est essentiel pour améliorer la qualité de vie des personnes infectées par le VIH. Les résultats de cette nouvelle étude met en lumière un moyen : un début précoce et une adhésion optimale au traitement antiviral.
"Nous avons montré que l'infection par le VIH non contrôlée est liée à un vieillissement plus rapide et que le traitement ralentit considérablement cela", conclut le Dr Barry Ryan, auteur de la recherche.



