- Une étude, menée auprès de 1.516 jeunes âgés de 15 à 24 ans, montre que 60 % indiquent avoir eu au moins un partenaire au cours des 12 derniers mois.
- Chez celles et ceux ayant un ou des partenaires sexuels en dehors du couple, "la confiance reste la première raison pour ne pas réaliser de dépistage avec un nouveau partenaire."
- Selon Florence Thune, directrice générale de Sidaction, "la perception du risque est encore largement mal évaluée, renforçant un sentiment de fausse sécurité."
En 2024, environ 5.100 personnes ont découvert qu’elles étaient séropositives et 43 % des infections liées au virus de l'immunodéficience humaine (VIH), qui affaiblit le système immunitaire, ont été découvertes à un stade tardif, dont 27 % à un stade avancé, selon les chiffres, publiés en décembre 2025, de Santé publique France. "Le nombre et la proportion de jeunes atteints augmentent ces dernières années. Les jeunes de moins de 24 ans représentent environ 15 % des personnes découvrant leur séropositivité VIH en 2023."
VIH : 62 % des jeunes n’utilisent pas systématiquement de préservatif
Pour réduire le nombre de cas, la prévention et le recours au dépistage sont essentiels. Problème : de nombreux jeunes continuent de ne pas se protéger suffisamment ou de négliger le dépistage régulier plusieurs, selon une enquête réalisée par OpinionWay, pour le Sidaction, auprès de 1.516 jeunes âgés de 15 à 24 ans. Parmi les répondants, 60 % indiquent avoir eu au moins un partenaire au cours des 12 derniers mois. Pourtant, lors de ces rapports, 62 % des jeunes reconnaissent ne pas avoir utilisé systématiquement de préservatif. Parmi celles et ceux ayant un ou des partenaires sexuels en dehors du couple, 27 % n’utilisent pas de préservatif. "La confiance, évoquée par une très large majorité des jeunes (68 %), reste la première raison pour ne pas réaliser de dépistage avec un nouveau partenaire. La perception du risque est encore largement mal évaluée, renforçant un sentiment de fausse sécurité", signale Florence Thune, directrice générale de Sidaction. Autre fait inquiétant : seuls 38 % des jeunes sexuellement actifs déclarent avoir réalisé un dépistage du VIH au cours de l’année écoulée.
Les idées reçues sur le VIH qui continuent de circuler chez les jeunes
D’après le sondage, plusieurs idées reçues nuisent à la prévention et au dépistage. Celles mises en avant sont les suivantes :
- "Le virus du sida ne circule vraiment qu'en Afrique". Ce préjugé est tenace chez 19 % des jeunes sondés. Pourtant, il est présent sur tous les continents et touche des millions de personnes dans le monde.
- "J'ai moins de risques que les autres d'être contaminé par le virus du sida". C’est ce que pensent 31 % des répondants. Pour rappel, le virus ne fait pas de distinction entre les personnes. Le risque dépend surtout des comportements.
- "En observant attentivement une personne, on peut savoir si elle a le sida". Une idée infondée partagée par 20 % des participants. Une personne vivant avec le VIH peut paraître en parfaite santé pendant des années. Même au stade du sida, les signes (fatigue, infections, perte de poids…) ne sont pas spécifiques et peuvent correspondre à d’autres maladies. La seule façon fiable pour le savoir est de faire un test de dépistage.
- "Le sida ne concerne que les homosexuels et les toxicomanes". Cette affirmation, citée par 21 % des volontaires, est fausse. Le VIH (responsable du SIDA) peut concerner toute personne, quels que soient son orientation sexuelle, son mode de vie ou son milieu social.
- "Le virus peut être transmis lors d’un rapport sexuel non protégé avec une personne séropositive sous traitement". Ce préjugé, souligné par 77 % des jeunes, est inquiétant selon Florence Thune. "Aujourd’hui, une personne vivant avec le VIH sous traitement ne transmet pas le virus."
- "Il existe un vaccin pour empêcher la transmission du virus du sida et qui permet d’en guérir". Alors que 39 % des participants le pensent, il n’existe, à ce jour, pas de vaccin pour prévenir l’infection par le VIH, ni de vaccin permettant de guérir le SIDA.
- "Le VIH se transmet par un baiser". Selon l’enquête, 39 % des volontaires pensent qu’ils peuvent être infectés en embrassant une personne séropositive. Pourtant, le virus se transmet par contact étroit et non protégé avec des liquides corporels (sang, sperme, liquide séminal, sécrétions vaginales, lait maternel) d'une personne infectée.
- "Le VIH se transmet entrant en contact avec la transpiration d'une personne séropositive". Cette idée qui persiste chez 29 % des jeunes est fausse. Le VIH n’est pas présent en quantité suffisante dans la sueur pour infecter quelqu’un.
- "Il se transmet en mangeant dans la même assiette qu’une personne séropositive". Ce cliché, partagé par 27 % des répondants, est inquiétant, car il n’y a aucun danger à : manger dans la même assiette, partager des couverts ou un verre, cuisiner ou vivre avec une personne séropositive.
- Le VIH se transmet en serrant la main d'une personne séropositive". Le sondage montre que 20 % partage ce préjugé. Pourtant, le VIH ne se transmet pas par un simple contact comme une poignée de main.



