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Oncologie

Cancers pédiatriques : vers des traitements qui protègent mieux à l'âge adulte

Des chercheurs ont découvert que les traitements contre les cancers pédiatriques peuvent provoquer des mutations qui accroissent le risque de développer un second cancer plus tard dans la vie.

Cancers pédiatriques : vers des traitements qui protègent mieux à l'âge adulte KatarzynaBialasiewicz/istock




L'ESSENTIEL
  • Des chercheurs ont remarqué que le traitement contre le cancer de l'enfant laissait des empreintes sur leur ADN.
  • Ces mutations augmentent les risques de développer d'autres cancers plus tard dans la vie.
  • Cette découverte pourrait aider à mettre en place des traitements plus sûrs et une détection précoce des seconds cancers.

Le taux de survie des enfants au cancer s’est beaucoup amélioré ces dernières années. Par contre, ces jeunes patients ont jusqu’à deux fois plus de risque de développer un autre cancer plus tard dans la vie. Les traitements anticancéreux sont au cœur de ce risque accru. En les étudiant de plus près, les chercheurs du St. Jude Children’s Research Hospital ont découvert des mutations spécifiques à la thérapie qui pourraient aider à développer des médicaments plus sûrs.

Leur étude a été publiée dans la revue Cancer Discovery, le 19 avril 2026.

Cancer pédiatrique : les traitements laissent des traces dans l’ADN des patients

Pour comprendre le lien entre les traitements anticancéreux et les risques de second cancer, les chercheurs ont analysé les tumeurs de 160 survivants d’un cancer pédiatrique ayant développé ultérieurement d’autres cancers (sein, thyroïde, méningiome).

"Nous avons constaté que les traitements de radiothérapie et de chimiothérapie qui sauvent des vies et guérissent le cancer infantile, laissent également des signatures mutationnelles spécifiques ou "empreintes" dans l'ADN des néoplasmes secondaires (deuxième tumeur)", explique Samuel Brad, premier auteur.

Selon des analyses plus approfondies, c’est la radiothérapie qui affiche le taux d’altérations de l'ADN le plus élevé. Elle est aussi liée à un risque le plus élevé de cancer secondaire de la thyroïde. Les agents de chimiothérapie laissaient aussi des signatures identifiables. Les moutardes azotées et les sels de platine induisaient des modifications de l'ADN de moindre ampleur. Cependant, la localisation de ces mutations variait selon le type de médicament. Ce qui pouvait entraîner des évolutions différentes. "Par exemple, les sels de platine mutaient préférentiellement parfois le gène NF2, augmentant ainsi le risque de méningiome, une tumeur cérébrale", expliquent les auteurs dans un communiqué.

Ils ont par ailleurs remarqué que ces effets mutagènes des traitements sur l'ADN s'impriment dans le génome des cancers secondaires qui se développent 20 à 30 ans plus tard. Ce qui apporte, selon les chercheurs, de nouvelles perspectives sur la façon de réduire la toxicité des traitements.

Une découverte qui pourrait aider à prévenir les cancers secondaires

Cette étude ne permet pas uniquement de confirmer un phénomène visible avec les statistiques, et même sur le terrain. Elle pourrait aider à développer des traitements plus sûrs et réduire les risques à long terme pour les survivants d’un cancer pédiatrique. "En comprenant comment des thérapies spécifiques modifient l'ADN, les chercheurs peuvent être en mesure de modifier les traitements pour réduire les mutations nocives, de développer des thérapies ciblées qui évitent les voies à haut risque et d'adapter les stratégies de surveillance en fonction des antécédents de traitement d'un patient pour détecter les deuxièmes cancers à leur stade le plus précoce et le plus traitable", expliquent les auteurs.

"Ces résultats représentent une étape importante vers des soins de survie plus personnalisés", conclut le co-auteur principal Dr Greg Armstrong. "En liant des traitements spécifiques à des risques futurs, nous pouvons mieux protéger les survivants d’un cancer non seulement pendant la thérapie, mais tout au long de leur vie."

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