- La pneumonie est l'une des infections nosocomiales les plus fréquentes.
- Se brosser les dents pendant l'hospitalisation réduit les risques de contracter la maladie de 60 %.
- Les chercheurs encouragent à promouvoir le brossage des dents à l'hôpital.
Lorsqu’on est hospitalisé, la propreté de ses dents et la fraîcheur de son haleine ne sont pas vraiment dans les top priorités. Et pourtant cela peut faire une grande différence. Une nouvelle étude, publiée dans The Lancet Infectious Diseases le 8 juin 2026, montre que le brossage des dents des patients réduit les risques de contracter une pneumonie à l'hôpital.
Pneumonie nosocomiale : se brosser les dents à l'hôpital réduit les risques de 60 %
Selon Santé Publique France, près de 6 % des patients hospitalisés développent une infection nosocomiale. La pneumonie est l’une des plus fréquentes. Elle survient généralement au bout de deux jours d’hospitalisation ou plus. Elle augmente aussi fortement la durée de l'hospitalisation et le risque de décès des malades. Une équipe de chercheurs australiens a voulu savoir si un geste aussi simple que se laver les dents, connu pour lutter contre les bactéries buccales, pouvait réduire les risques d’attraper cette maladie à l'hôpital.
Elle a, pour cela, suivi 8.870 patients pris en charge par trois hôpitaux australiens. Elle a donné une brosse à dents et du dentifrice aux malades lors de leur admission. Ces derniers ainsi que le personnel hospitalier ont été sensibilisés aux bienfaits du brossage des dents pour la santé. De plus, une aide était proposée aux personnes qui ne pouvaient pas se brosser les dents seules.
Ces différentes mesures ont été introduites progressivement sur une période de 12 mois. Et les résultats sont prometteurs. "Nous avons constaté que cette intervention relativement simple a permis d'augmenter la proportion de personnes qui se nettoyaient les dents de 16 % à 62 %" écrivent les auteurs dans un article publié dans The Conversation.
Mais surtout, la progression des soins bucco-dentaires s’est accompagnée d’une réduction du risque de contracter une pneumonie nosocomiale de 60 %. Au terme de l'expérience, les médecins ont comptabilisé moins de quatre infections par mois pour un service de 30 patients, contre huit infections mensuelles auparavant.
"L'un des principaux enseignements de notre étude est que les patients ne sont pas impuissants. Si le personnel soignant, notamment les infirmières, joue un rôle crucial, les patients capables de se brosser les dents eux-mêmes peuvent réduire considérablement leurs risques", ajoutent les auteurs.
Pourquoi se brosser les dents réduit les risques de contracter une pneumonie ?
Lors d’une hospitalisation, le microbiote buccal est perturbé par les médicaments, l’absence de soins buccaux ou même la sédation. En parallèle, des bactéries s'accumulent sur les dents, les gencives et la langue. "Si ces bactéries sont inhalées, même en infime quantité, elles peuvent provoquer une pneumonie", précisent les auteurs. Or, le brossage des dents quotidien est le geste qui permet de lutter contre ces agents pathogènes problématiques.
Les chercheurs invitent ainsi les malades ou leurs proches à penser à apporter une brosse à dents et du dentifrice lors des hospitalisations. Ils recommandent aussi aux patients de se laver les dents au moins deux fois par jour pendant leur séjour et de ne pas hésiter à demander de l’aide, s’ils ne peuvent pas le faire eux-même.
"Les soins bucco-dentaires ne sont ni glamour, ni coûteux, ni à la pointe de la technologie – mais ils sont efficaces. Parfois, les interventions les plus simples sont les plus efficaces", concluent les experts.



