- La pollution de l’air est liée à une hausse des migraines.
- Les pics de pollution peuvent déclencher des crises.
- Anticiper ces facteurs permettrait de mieux les prévenir.
Pollution, chaleur, humidité : ces facteurs environnementaux pourraient jouer un rôle clé dans l’apparition des crises de migraine. C’est ce que révèle une nouvelle étude publiée dans la revue Neurology, qui met en lumière une association préoccupante entre qualité de l’air et activité migraineuse. Et ouvre ainsi des pistes pour mieux prévenir ces épisodes douloureux.
Pollution et migraines : l’association n’est plus à prouver
Menée par l’Université Ben-Gourion du Néguev, en Israël, la recherche a suivi plus de 7.000 personnes migraineuses pendant près de dix ans. Les scientifiques ont analysé l’exposition quotidienne à la pollution (trafic, industrie, tempêtes de poussière...) et aux conditions climatiques. Verdict : il apparaît que les jours où les consultations pour migraine étaient les plus nombreuses correspondaient à des niveaux élevés de pollution. Par exemple, les particules PM10 atteignaient 119,9 micromètres par mètre cube (µm/m3) contre une moyenne de 57,9. Même tendance pour les PM2.5 ou encore le dioxyde d’azote (NO2). "Ces résultats nous aident à mieux comprendre comment et quand surviennent les crises de migraine", explique Ido Peles, auteur principal des travaux, dans un communiqué.
L’étude ne prouve pas que la pollution cause directement les migraines, mais elle met en évidence un lien particulièrement fort. Elle montre que les expositions à court terme, comme un pic de pollution, peuvent déclencher une crise, tandis que des facteurs comme la chaleur ou l’humidité modifient le risque. Les personnes exposées à des niveaux élevés de NO2 étaient ainsi 41 % plus susceptibles de consulter pour migraine. L’exposition aux rayons UV, de son côté, augmentait ce risque de 23 %.
Autre constat : l’effet de la pollution varie selon le climat. Les fortes chaleurs amplifient l’impact du NO2, tandis que le froid et l’humidité renforcent celui des particules fines.
S’adapter en fonction des prévisions de pollution
Ces résultats ouvrent des perspectives en matière de prévention. "Ils montrent qu’il est possible d’anticiper les besoins en termes de soins", souligne Ido Peles. Les médecins pourraient en effet adapter leurs recommandations en fonction des prévisions météo et de pollution : limiter les sorties, utiliser des purificateurs d’air ou encore débuter un traitement préventif dès les premiers signes. Dans un contexte de changement climatique, marqué par des vagues de chaleur et des épisodes de pollution plus fréquents qui ont un impact sur la santé, ces données deviennent cruciales pour les personnes sujettes aux migraines.



