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Et si votre cerveau pouvait fabriquer son propre antidouleur ?

Le cerveau active naturellement des circuits spécifiques pour soulager la douleur, via l’effet placebo, qui pourrait ainsi devenir une alternative aux médicaments classiques, selon des chercheurs.

Et si votre cerveau pouvait fabriquer son propre antidouleur ? Ilya Lukichev / istock




L'ESSENTIEL
  • Le cerveau peut produire ses propres antidouleurs via l’effet placebo.
  • Des circuits cérébraux précis et les endorphines sont impliqués.
  • Ces découvertes pourraient réduire l’usage des médicaments.

Un simple comprimé de sucre peut parfois soulager la douleur : c’est l’effet placebo. Longtemps perçu comme un simple phénomène psychologique, il intrigue de plus en plus les scientifiques. Comment agit-il réellement ? Aux Etats-Unis, une étude menée par l’Université de Californie à San Diego met en lumière les mécanismes qui permettent au cerveau de réduire la douleur... tout seul.

Des antidouleurs produits par le cerveau

La recherche, publiée dans la revue Neuron, a identifié les circuits cérébraux impliqués dans ce phénomène. Les scientifiques ont utilisé une méthode dite de "traduction inverse", en adaptant chez la souris un protocole placebo déjà validé chez l’humain. "Nous l’avons appliqué chez la souris pour en décrypter les mécanismes", explique l’un des chercheurs, Matthew Banghart, dans un communiqué. Contrairement aux études chez l’Homme, cette approche a permis d’agir directement sur les neurones. Et de voir qu’un circuit spécifique, reliant le cortex préfrontal (impliqué dans les décisions et les attentes) à une zone du tronc cérébral, contrôle activement la douleur.

L’équipe a aussi mis en évidence le rôle des "opioïdes endogènes", aussi appelés endorphines, des antidouleurs naturels. Dans une région clé appelée "vlPAG", ces molécules agissent comme la morphine. Pour le démontrer, les chercheurs ont conditionné des souris en associant un environnement à l’effet de la morphine. Ensuite, une simple injection saline suffisait à déclencher un soulagement atteignant 30 à 60 % de celui du médicament. Lorsque les récepteurs opioïdes étaient bloqués, cet effet disparaissait.

"Nous avons entraîné le cerveau à produire ses propres antidouleurs à la demande", résume Janie Chang-Weinberg, coauteur. Cette capacité pourrait ouvrir la voie à des stratégies pour anticiper la douleur, par exemple avant une opération.

Vers une alternative aux médicaments ?

Les effets ne se limitaient pas à une seule douleur : les souris devenaient moins sensibles à différents types de stimuli. Mieux encore, un entraînement placebo avant une blessure réduisait fortement la douleur ensuite, suggérant une forme de "résilience" anticipée. Les chercheurs montrent ainsi que l’effet placebo agit à la fois sur la perception et sur les signaux de douleur eux-mêmes. "Cela pourrait être utilisé intentionnellement pour réduire la douleur et la souffrance", estime Matthew Banghart.

Pour les patients souffrant de douleurs chroniques, ces découvertes pourraient ouvrir la voie à des thérapies sans médicaments, notamment face aux risques liés aux opioïdes. Reste à confirmer si ces mécanismes observés chez la souris s’appliquent à l’humain.neur

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